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Vivons euro en attendant la mort

Ces derniers temps, un tabou symbolique est tombé sans qu'on s'en rende compte. D'aucuns, en effet, commencent à envisager sérieusement un scénario de sortie de l'euro, la monnaie unique européenne. Je ne parle pas là seulement des partis extrémistes que sont le FN et les groupes de gauche, je parle aussi, et c'est plus inquiétant, des milieux d'affaires, des milieux politiques, bref, des milieux "autorisés". Ceux-là jouent un jeu dangereux, qu'il me semble urgent de dénoncer. En effet, on peut se demander ce qui se passerait si la France sortait de l'euro pour recouvrer sa monnaie nationale.

  • En premier lieu, nous vivrions une crise immédiate de liquidités. Les taux d'intérêt auxquels sont soumis les états sont soumis à la crédibilité de leur monnaie, or la France n'a pas, en la matière, une réputation bien flatteuse. Cela se traduirait par des crédits plus chers pour l'Etat, qui verrait ses frais financiers augmenter (c'est d'ores et déjà le second poste de dépense après l'Education Nationale). Cela se traduirait aussi pour des crédits plus chers pour les entreprises françaises, qui auraient alors plus de mal à financer leurs investissements. Et les particuliers seraient eux-aussi touchés : adieu les prêts à 4% TEG, adieu crédit à la consommation...
  • Ceci aurait pour effet induit de diminuer l'activité économique déjà pas brillante et d'augmenter mécaniquement le chômage, à un moment où le manque de marge de manœuvre budgétaire contraindra les pouvoirs publics à accroître la pression fiscale et à diminuer les dépenses sociales.
  • Il s'en suivra une spirale financière mortelle dans laquelle notre pays n'aurait plus les moyens de sortir. On peut alors imaginer que la solidarité nationale volerait alors en éclat, les riches ne voulant pas payer pour les pauvres, les français pour les immigrés, les jeunes pour les vieux, etc... Des troubles civils violents seraient alors inévitables, induisant une répression policière et une restriction des libertés individuelles.
  • Il ne resterait plus alors à un gouvernement aux abois qu'une dernière solution pour rétablir les finances publiques : abandonner la dette, et renoncer à son remboursement. Une telle action serait lourde de conséquences : la France serait à tout jamais privée d'accès au marché des capitaux, de l'aide du FMI et, surtout, le franc nouvellement recréé perdrait immédiatement toute crédibilité, toute valeur. Les classes patrimoniales se dépêcheraient de mettre leurs actifs à l'abri en Suisse ou ailleurs, les entrepreneurs fuiraient tels rois à Varenne, bref, ce serait la débandade immédiate. Pis : nos voisins, qui sont nos créanciers, seraient les premiers à venir nous réclamer l'argent que nous leur devons, avec d'autant plus de vigueur que nous serions alors en état d'extrême faiblesse.
  • Un conflit armé avec le reste de l'Europe serait alors inévitable : débordant des Ardennes, les blindés teutons n'auraient aucun mal à déborder les défenses amoindries d'une Armée de Terre frappée de longue date par toutes sortes de restrictions budgétaires, démotivée, peu ou pas payée, et n'ayant pour se défendre que du matériel datant de la guerre d'Algérie.
  • C'est alors que, comme en 1870, la défaite éclaire face à l'ennemi boche, loin de souder l'unité nationale, déchaînerait les feux d'une guerre civile trop longtemps larvée, dressant le frère contre le frère, le père contre le fils, le voisin contre le voisin, entraînant notre pauvre pays dans une spirale de sang et de sauvagerie qui laisserait le monde stupéfait.
  • On peut alors supposer que les installations industrielles vétustes, car non-entretenues, ne seraient plus gardées, et deviendraient l'enjeu de groupuscules terroristes plus ou moins contrôlables, lesquels en useraient comme d'une monnaie d'échange. Le risque serait alors grand de voir les centrales nucléaires, ainsi que l'usine de la Hague, ne deviennent les points stratégiques de micro-conflits de circonstance pour s'approprier l'électricité, ou mieux, pour vendre le plutonium à des états-voyous qui en réclament et seraient prêts à le payer bien cher.
  • Aux mains de groupes incompétents et violents, nos centrales ne mettraient pas longtemps à exploser comme à Fukushima, ce qui entraînerait une contamination massive en Europe occidentale, et à terme, viderait notre continent de sa population.


Alors, c'est vrai que l'euro est en train de ruiner la France, de créer des millions de chômeurs et de répandre la misère et le désespoir dans une nation qui fut il n'y a pas si longtemps la quatrième puissance économique mondiale. Mais c'est ça ou devenir un pays irradié peuplé de punks zombies nihilistes combattant des super-soldats boches radioactifs à coups de chaîne de moto pour la possession des derniers litres d'essence. Vous préférez quoi ?


Jean-Claude Trichet négociant avec
le Fonds Monétaire International
Tags: constitution
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