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Paris est tragique



Cette année, le PSG a démarré en fanfare avec de nouveaux joueurs brillants et prometteurs, un gros budget et des supporters motivés. Et puis au bout de deux mois, ça a commencé à partir en quenouille. Et puis de match en match, de défaite en branlée, le club s'enfonce dans la merde. Alors on a changé d'entraîneur. On peut raisonnablement supposer que le PSG va mettre un coup de collier en fin de championnat pour éviter la relégation, mais la saison est morte.

Ce qui est marrant, c'est que l'année dernière, c'était exactement pareil.

Et puis l'année d'avant.

Et l'année d'avant.

Etc...

Et puis ce sera pareil l'an prochain.

Et l'année suivante.

Etc...

Pourquoi ? Ben, je ne suis pas spécialiste, ni spécialement supporter. Maintenant, mettons nous cinq minutes dans les crampons d'un joueur du PSG. Je suis un jeune prodige du foot, né dans les favelas de Sao Paulo ou de Lagos. J'ai passé ma jeunesse à taper dans des boîtes de conserve avant qu'un club local me donne ma chance. Je me suis accroché, de division en division, je suis devenu un bon joueur.

Et puis un jour, un monsieur bien habillé est venu me voir, et m'a proposé de jouer à Paris. Evidemment, ça ne se refuse pas. Alors j'ai débarqué à Paris à 20 ans, on m'a montré le grand stade, on m'a donné un joli maillot, un ballon neuf, un casier avec mon nom dessus dans les vestiaires du Parc, et puis surtout, on m'a donné vingt briques par mois. Vingt briques ! Par mois ! Mon père n'en a jamais gagné la moitié de toute sa vie !

Alors les premiers mois, tout va bien. Je suis en forme, je suis motivé, je me défonce sur le terrain, le public est chaud, le groupe est soudé, tout va bien. Et puis le soir après le match, dans les coulisses du Parc, c'est une autre ambiance, costume de créateur (gratos), champagne (gratos), on me présente les vedettes du show-biz, les industriels qui sont ravis de me présenter à leurs clients, la classe. Et après ça, ben c'est les fêtes où on m'invite, les boîtes de nuit, les top models, le petit stick qui tourne, la coke des fois...

Ah du coup, le matin, à 8h à l'entraînement, on est un peu moins frais. C'est sûr que quand on se couche à 5h du mat, les nuits sont courtes, mais bon j'ai 20 ans, je suis jeune, je m'amuse, c'est normal.

Multipliez par onze, et c'est comme ça que l'équipe coule.

Ah, évidemment, d'autres équipes font une concurrence déloyale. C'est sûr que des top models, y'en a guère à Auxerre. De la coke, on s'en enfile peu à Sedan. C'est sûrement pas à Sochaux que vous allez écumer les boîtes avec les héritiers Peugeot. A Lorient ou à Troyes, à 11h du soir, les footeux sont couchés. Ils ne vomissent pas dans les seaux à champagne du Queen avec Massimo Gargia et Vermine de Clermont-Ferrand.

Bref, le problème du Paris Saint-Germain, c'est Paris.
Tags: opinion
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