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Urami bushi


L'autre jour je regardais à la télé un reportage sur Tarantino avec des gens qui disaient ce qu'ils en pensaient, quand arrive un célèbre compositeur dont le nom m'échappe[citation needed] et qui se lamente avec force trémolos dans la voix que l'ignoble Quentin omet systématiquement de faire appel à des compositeurs sur ses films, préférant réutiliser des morceaux existants. Ce qui me fit deux réflexion.

La première, c'est que ce vieux débris n'avait de toute évidence rien compris au cinéma de Tarantino. Car, qu'on l'aime ou non, force nous est de constater qu'il y a chez QT une cohérence, une démarche, une cinématographie. Ses films sont tous des hommages à des genres cinématographiques plus ou moins obsolètes et plus ou moins obscurs, qu'il cite et ravive selon les canons actuels du cinéma. La musique est un élément central de cette démarche : alors que l'image est moderne, la bande son ancre le film dans une époque révolue, dans une tradition passée. Si l'on prend l'exemple de Kill Bill, les deux chansons de Meiko Kaji nous renvoient aux films de rape&revenge dans lesquels elle a joué dans les années 70, que bien sûr, personne n'a vus en occident, mais qui furent séminaux(*) et influencèrent bien d'autres œuvres plus connues, ce qui nous les rend familiers. Évidemment, il aurait été vain de "faire comme si", seules les œuvres originales faisaient sens dans ce contexte.

La deuxième réflexion, c'est que c'est bien une attitude bien typique des artistes. Parce que bien sûr, l'artiste est un doux rêveur, un tendre, un poète qui méprise les contingences matérielles, dédaigne la compagnie des gueux qui travaillent de leurs mains ou des vils mercantis. Il est libre, l'artiste, il est beau, il est noble et inspiré de hauts sentiments, c'est bien simple, il est de gauche (la preuve, il milite pour les sans-papiers et contre la famine) ! Et pourtant, des fois, quand on s'en prend au juteux système de racket organisé qui lui sert de gagne-pain, le masque de l'arlequin glisse un instant, et on découvre un petit-bourgeois accroché becs et ongles à ses privilèges, ce qu'il croit être ses droits, comme dans l'exemple qui nous occupe ici, le droit imprescriptible du compositeur de bande originale à vivre aux crochets des réalisateurs.

* Ce qui signifie qu'ils ont inspiré d'autres films, et non pas qu'ils ont généré des pollutions nocturnes, même si en l'occurrence, ça a bien dû se produire.





-oOo-


Lol bokeh !
Tags: art
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