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CP TIEM



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Je suis en train de lire les articles de Claude Piron sur l'espéranto sur son site et je dois dire que je comprends mieux le mal massonnien à mesure que je lis la prose pironienne. C'est un exercice salutaire que je conseille à quiconque pour développer son esprit critique et sa résistance morale au rabâchage, au préjugé et à l'argument d'autorité. C'est qu'il en a écrit, des articles, le Piron, sur le ranto, il en a écrit des romans, à telle enseigne que c'est un plaisir de rechercher dedans les incohérences du discours pro-ranto.

Ainsi, dans "Espéranto : Quelles perspectives un siècle après le premier congrès ?", CP nous retranscris le discours boursouflé du père Zamehof lors du premier congresso à Boulogne sur Mer, en 1905. "Notre réunion est modeste ; le monde extérieur n’en sait pas grand-chose et nos paroles ne s’envoleront pas par le télégraphe vers toutes les cités (…) du monde", dit le docteur Esperanto, comme il se nommait lui-même. Modeste, certes, mais qui regroupait déjà, en cette époque reculée où on se déplaçait en train à vapeur, près de 700 participants venus de 20 pays. Depuis, si l'on s'en tient à la seule affluence des congrès pour juger de l'étendue du cheptel rantiste, on peut dire qu'il y a une progression, puisque les derniers congrès ont glané, bon an mal an, entre 1000 et 2000 participants (alors même que les difficultés des voyages internationaux ne sont clairement plus les mêmes). En fait, si l'on fait la moyenne des dix derniers congrès, on arrive à 1800 profs à la retraite par an, soit une progression d'un facteur 2,6 depuis 1905. Une évolution fulgurante qui est toutefois à tempérer par le fait que dans le même temps, la population terrestre est passée de 1,8 à 7 milliards d'êtres humains, soit une multiplication par 3,9. Il y a donc, aujourd'hui, moins d'espérantistes qu'en 1905, ce qui constitue une bien étrange forme de progression. Certes, me dira-t-on, l'espéranto n'a pas connu tout le développement dont rêvait Zamenhof au début du siècle dernier. Mais ce n'est pas du tout parce que l'espéranto ne sert à rien, qu'il fait marrer tout le monden, que c'est une langue tordue d'un autre temps et que les gens qui ont besoin d'une langue internationale sont bien contents d'en avoir déjà une (l'anglais). Non, si l'espéranto n'a pas (encore) triomphé, c'est qu'il a été persécuté par les nazis et les communistes. Persécution que les courageux espérantistes sont allés étudier de plus près lors de quelques congrès internationaux : en 1933 à Cologne, dans l'Allemagne récemment nazie, puis après la guerre, en 1953 en Yougoslavie, en 1959 dans la riante Pologne, en 1963 en Bulgarie, en 1966 en Hongrie, en 1973 en re-Yougoslavie, en 1978 en re-Bulgarie, en 1986 en Chine, et en 1987 en Chine. Certes, le rideau de fer tomba en 1989, interrompant ces passionnants travaux, mais il n'y a pas de communistes qu'en Europe, c'est pourquoi en 1990, on alla se faire persécuter à Cuba, en 2004 en Chine, en 2010 on retourna à Cuba, et l'an prochain, les résistants à étoile verte iront se faire brimer dans la glorieuse République Populaire du Viet Nam. De toutes les façons, nombreux ou pas, ce n'est pas grave, vu que "le nombre n'est pas un critère de réussite", sauf quand on parle de l'Ido qui a échoué puisqu'il n'est parlé que par deux locuteurs de langues internationales sur 100 000.

Bref, c'est un vaste réservoir de conneries à explorer des heures durant, et je pourrais continuer longtemps, je vous laisse méditer sur les sages paroles de Claude Piron.

(also : pic was unrelated)
Tags: espéranto
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