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J'en remets une couche

J'en profite pour rappeler à ceux qui ne sauraient pas quoi m'offrir que Noël approche.

-oOo-

Sinon hier, j'ai revu "Indiana Jones IV". Qu'en dire ? Je crois que je préfère parler du 2, le temple maudit. Celui qui était "le mauvais" jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Vous vous souvenez que le film commence par le long numéro musical "Anything Goes" chanté par Kate Capshaw.


C'est brillant, finement réalisé et interprété dans la grande tradition des comédies musicales des années 30-40 (le morceau n'est pas de John Williams, il date de 1934). Quand on voit ça, on se dit que ça a dû être chiant à tourner, long, extrêmement coûteux, que ça n'apporte aucun élément narratif au film (ce n'est que le générique) et qu'au contraire, l'exagération inhérente au genre a tendance à extraire le spectateur de l'action. Oui, mais c'est joli à voir et plaisant à entendre. Et pourquoi Spielberg s'est fait chier à faire ça, alors qu'il aurait pû passer directement à une scène d'action ? Par exemple, pour introduire son copain chinois qui se fait tuer à la cinquième minute ? On ne retrouvera aucun eye-candy de ce genre dans le IV.

Parce que Steven Spielberg, en 1984, il avait 38 ans. Il avait plein de films à faire. Il avait plein de trucs à réaliser. Il savait qu'il n'aurait sans doute jamais l'occasion de se faire une comédie musicale, alors il s'est fait plaisir, c'est tout. Il sortait des dents de la mer, de rencontre du troisième type et d'ET, ce moment là, personne ne pouvait rien lui refuser, il en a profité. En 2008 non plus, personne ne pouvait rien lui refuser. Mais il ne s'est pas fait plaisir, parce que faire des films, ça ne lui fait plus plaisir. Et nous, ça ne nous fait plus plaisir de les regarder. Ça nous embarrasse, voilà.

Franchement, qu'est-ce qu'il y a à sauver dans le IV ? C'est pataud, lourd, pas drôle une seconde, les scènes d'action sans enjeu sur fond vert s'enchaînent dans une cascade de CGI bidons jusqu'à nous en faire décrocher la mâchoire, tandis que des acteurs fatigués luttent contre l'ennui et un script débile pour tenter d'avoir l'air vaguement convaincus qu'ils sont poursuivis par des fourmis rouges géantes. Quand Kate Capshaw écrase un tapis d'insectes sous ses escarpins dans le souterrain du temple maudit, c'est répugnant. Quand Cate Blanchett écrase un faux insecte entre ses cuisses, c'est juste vulgaire. Quand Harrison Ford se fait poursuivre par une boule dans la scène d'ouverture du I, on a peur pour lui. Quand il manque de se faire broyer par des engrenages géants à la fin du IV, on n'y prête aucune attention, tant c'est noyé dans un océan de péripéties sans conséquences. Quand il retrouve son père dans le III, c'est émouvant. Quand il retrouve son fils dans le IV, on se dit qu'il y a plus d'humanité et de vérité dans le plus raté des épisodes de "Friends". Et même pour les poursuites en voiture, figure imposée de la saga, on est peiné de comparer les péripéties de la famille Jones en camion dans la jungle avec les cavalcades blindées de Salah, Marcus et Henry Senior dans le désert du moyen-orient.

Au risque de choquer, je dirais que la scène la plus réussie du film est celle de la bombe atomique. C'est dire.
Tags: bfg-9000
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