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Dans la joie et la gaité !



Allons droit vers l'abîme ! Youpie !

Et pendant ce temps là, les eurocrates en retard de deux guerres avaient trouvé la solution au problème de la dette : interdire aux agences de notation de noter les états. Mais ils ont reculé "sous la pression des lobbies", comme on dit. Et puis surtout, sous la pression d'une évidence : ça ne servirait à rien, et ne ferait qu'aggraver le problème.

Oui, parce que fondamentalement, ce n'est pas un problème de note qui fait que des pays ont du mal à se refinancer auprès des marchés, c'est un problème de confiance. Plus un pays inspire confiance, plus les financiers lui prêtent volontiers de l'argent, le pays vertueux est donc en position de force pour négocier un taux moins élevé (exemple, l'Allemagne se finance à 1,76%). En revanche, un pays moins reluisant aura plus de problèmes à se refinancer. Ainsi, si la Grèce veut emprunter à deux ans, elle doit accepter de payer, tenez-vous bien, 29% d'intérêts par an (en théorie, car dans la pratique, PERSONNE ne prêterait un sou à la Grèce, qui est dans l'incapacité totale de rembourser quoi que ce soit).

Donc, pour en revenir aux "grands pays" européens, l'Italie se finance actuellement aux alentours de 7%, ce qui est beaucoup. C'est injuste car certes, l'Italie a une dette élevée, mais son budget était, avant la crise financière, structurellement bénéficiaire, c'est à dire qu'elle remboursait (certes, lentement) sa colossale dette. En comparaison, la France est un peu moins endettée par rapport à son PIB (en valeur absolue, les chiffres sont identiques), en revanche, le pays est structurellement en déficit, et de beaucoup. Quand un état a un budget comptant 450 milliards de dépenses et 300 milliards de dettes, c'est que non seulement on a un gros problème, mais encore qu'on ne va sûrement pas le résoudre avec des jours de carence.

Donc, la France est moins bien partie que l'Italie, et on se demande bien pour quelle raison les marchés nous financent encore à 3,66%. Notez, c'est déjà deux fois le taux qu'ils demandent aux Allemands, c'est bien le signe d'une légère différence, non ? Pourtant, force nous est de constater que France et Allemagne partagent la même notation AAA. Oui, mais si les deux pays ont la même note, comment se fait-il qu'ils n'aient pas le même taux ? Vous voyez ce que je vous disais ? C'est ça le pouvoir des agences de notation : rien du tout. Les marchés s'en contrefichent. Les investisseurs qui ont de l'argent ont les moyens de faire leurs propres analyses sur la solvabilité de leurs débiteurs, ils n'ont pas besoin des agences de notation. Ceux qui en ont besoin, ce sont les petits, les pégus, les couillons comme nous. Et tout ce que ce con de Barnier avait trouvé pour résoudre la crise, c'était quoi ? Supprimer les agences de notation. Les remplacer par une agence européenne, une agence publique. Donc, demander à un organisme d'état de noter la dette de l'état. Comme le faisait remarquer Barroso, il y a peut-être un risque de conflit d'intérêt, ne trouvez-vous pas ? En fait, le plan Barnier aurait eu pour unique effet de ruiner le reste de confiance dont bénéficiaient les états européens, puisque sans agence indépendante, pas de notation indépendante. Et pas de confiance, pas d'argent.

Mais dormez tranquilles bonnes gens, c'est bientôt la saison de la prime de Noël pour les plus démunis d'entre-nous !
Tags: couilles en or
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