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Une amecdote bien sympathique.

Eté 2002 : deux pays co-organisent la Coupe du Monde de Foutchebol, la Corée et le Japon. Le grand favori de la compétition est l'ogre français, tenant du titre et vainqueur, dans la foulée, du Championnat d'Europe des Nations. Les bleus ne se sont pas trop foulés en qualif, puisqu'ils sont tête de série d'office. Roger Lemerre, le sémillant sélectionneur, a repris peu ou prou le même groupe qui, en 98 et sous la houlette d'Aimé Jacquet, avait ramené la coupe au pays de Jules Rimet. Il n'y a eu que deux matches de préparation, le premier contre la Belgique à Saint-Denis, s'était soldé par la victoire des outre-quiévrinontais sur le score de deux à un, mais bon, on pouvait toujours dire que c'était un rodage. Lors du deuxième match, les bleus triomphent difficilement des coréens sur leurs terres. Pas de quoi pavoiser, donc, mais bon, "ce ne sont que des matches de préparation", et puis la France est tombée dans un groupe facile, puisqu'elle doit affronter le petit Sénégal, le modeste Uruguay et les discrets Danois.

Premier match, les pioupious de Roger Lemerre, sans doute peu attentifs au fait que la compétition avait commencé, se prennent une bastos à la trentième minute. Encore plus inquiétant, malgré les lacunes défensives traditionnelles des équipes africaines, lis ne peuvent remonter. Un à zéro pour l'ex-colonie, les Lions sont contents mais ça la fout mal.

Second match, cette fois, pas de déconne, la gagne est indispensable sans quoi, selon l'expression consacrée, "ça devient difficile". A la fin du match, vierge de tout but, on se gratte la tête et on commence à faire les comptes.

Troisième match, contre l'équipe "forte" de ce groupe, le Danemark. Certes, c'est une petite équipe, mais ces diables rouges sont toujours âpres et tenaces, et réservent parfois de mauvaises surprises à leurs adversaires, comme en 92 à l'Euro où, qualifiés sur le tapis vert par l'exclusion de la Yougoslavie (pour fait de guerre), ils avaient remporté la compétition. Alors que les équipes entrent sur le terrain, les commentateurs en sont encore à faire leurs comptes, du genre "si l'Uruguay gagne, et si les Danois perdent par quatre buts de plus que la différence de buts du Sénégal, alors on divise la circonférence du crâne de Zinedine Zidane par l'âge de Roger Mila et..."

Mais ces savants calculs sont interrompus à la 22e minute par le tir de Rommedahl. C'est là qu'on a éteint notre poste, donc peu de Français ont vu Tomasson en rentrer un deuxième.

L'équipe de France, archi-favorite de la compétition, retourne donc à l'avion, à la grande joie des Sénégaux (tancés en quart par les Turcs) et les Danemarquiens (éjectés en huitième par les rosbifs). Roger Lemerre s'en va dans le lointain entraîner la Tunisie, remplacé par Jacques Santini, puis Raymond Domenech... Quand à la compétition, elle se terminera par un classico Allemagne-Brésil, et la victoire de ce dernier.

Pourquoi je vous raconte ça ? Je sais pas. Peut-être la morbide jubilation, commune à la race Française, à ressasser les fails historiques qui, bien plus que nos victoires, sont le ciment de l'identité nationale.
Tags: belles histoires
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