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Mangez bougez avec la poste

Or donc lundi, m'arriva un colis par la poste. Étant étrangement absent de mon domicile ce jour là, pour des raisons que par exemple, j'étais au boulot, ni une ni deux, voici que Chronopost décide d'expédier ledit colis à l'agence Chronopost, sans bien sûr daigner me laisser un avis de passage (il faut surveiller le site).

Adonc, hier, entre midi et deux, je décide de quitter la Défense pour me rendre à ladite agence, au 11-13 boulevard Ney, 75018. Il est assez facile de trouver cette adresse sur un plan de Paris, puisque c'est le lieu géométrique des points se trouvant le plus éloigné possible des transports en commun. Evidemment, me direz-vous, c'est sans doute plus facile à atteindre en voiture, puisque ça jouxte le périphérique. Certes, mais le boulevard Ney est actuellement, et pour les 25 prochaines années, en travaux afin d'installer le tramway (ce fameux tramway qu'on n'installe que dans les quartiers populaires pour empêcher les pauvres d'utiliser leur bagnole, mais qu'on ne verra jamais creuser dans les quartiers riches). Donc, pas d'autre choix que de prendre le RER A jusqu'à Auber, de changer (par la rue) pour prendre la 12 jusqu'au terminus, porte de la Chapelle, et de là, à pinces sur 500m. Dans un quartier qui craint des bulles. Avec des trottoirs défoncés et des barrières en quinconce pour décourager les piétons.

Le 11-13 boulevard Ney est un prétendant sérieux au titre d'immeuble le plus laid de Paris. Il s'agit d'une barre en béton des années 70, d'une insigne laideur, dont la façade est barrée d'une rampe oblique à fins de livraisons. Il faut emprunter cette rampe pour accéder à la porte. Je sonne au 11, qui me semble le plus amène.
" Quoi, qui c'est ?
- C'est pour récupérer un colis
- C'est pour quelle société
- Chronopost
- C'est au 13 "
Merci connard. Je me rends donc au 13. Après une chicane, sans doute destinée à dévier les souffles d'explosions, j'arrive devant une porte en fer d'aspect sinistre, avec un interphone tout à fait banal. Plein de boutons. Entre les médecins, courtiers en assurances et experts comptables, l'un d'eux indique "Chronopost". Je sonne, un homme me répond.
" Oui ?
- Je viens réceptionner un colis.
- C'est au troisième. "
Je tente de pousser la porte, puis de la tirer, rien n'y fait. Je re-sonne.
" C'est toujours fermé.
- Allez-y. "
Il y a bien un déclic, mais la porte reste toujours close. Je re-re-sonne. Cette fois, c'est une femme qui daigne me répondre.
" Ouiiiii ?
- C'est toujours fermé.
- Je vous ouvre. "
Finalement, l'expertise féminine réussit là où l'obstination masculine échoue, et la porte s'ouvre.

De l'intérieur, l'immeuble est glauque, mais propre. On se croirait dans un film des années 70. Rien n'a changé. Tout est silencieux, blanc-cassé, abandonné. Deux ascenseurs me tendent les bras. Ah, pardon, ils sont réservés aux pompiers ! Bon, courage, trois étages à pied, c'est pas la mer à boire. Je prends donc l'escalier, confiant en ma bonne forme. Je monte un étage, et me retrouve au niveau... zéro. A chaque double volée de marche, je monte un demi-étage. Ce sont des demi-étages de 4m de hauteur sous plafond ! En fait, Chronopost est au 6e étage ! Sans ascenseur ! Ah si, finalement, ils marchent, les ascenseurs, comme en attestent deux indigènes que je croise, sortant de la cabine, et qui ne sont visiblement pas des pompiers. C'est juste pour empêcher les clients de Chronopost de trop utiliser ces facilités électriques qu'on leur en interdit l'usage. Bref, je poursuis mon ascension, avec une obstination digne de Guillaumet. Protip : au 5e, il y a un défibrillateur, c'est pas du luxe.

Arrivé à l'étage de Chronopost, me revoici devant une porte close, et un interphone, avec une caméra. Je sonne. On me dit : "poussez". Je pousse, la porte reste fermée. Je re-sonne, je re-pousse, bref, me voici enfin dans la putain d'agence de merde de Chronopost de mes deux.

Surprise : c'est relativement spacieux, plus ou moins propre. Et il n'y a pas grand monde. Évidemment, qui voulez-vous qui monte jusque là ? Il y a juste un pékin devant moi, qui s'en retourne aussitôt, son colis sous le bras. Je suis pris en charge par deux numides, probablement encore lycéens, tout à fait charmants, qui me remettent sans coup férir mon machin.

Je n'ai plus qu'à rentrer au bureau, mon bidule à la main, reconnaissant de m'être fait livrer un réticule de visée pesant 100g colis compris, et non une pendule Comtoise. J'ai passé une heure trois quarts à récupérer un colis chez Chronopost, alors que j'ai un bureau de poste à pas cent mètres de chez moi !

Chronopost, c'est vraiment de la merde.

PS : Je vous JURE que rien de ce que je viens d'écrire n'est exagéré !
D'ailleurs, je ne suis pas le premier à qui échoit la mésaventure.



En fait, c'est pour que le viseur de mon K-5, il ressemble à ça :






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