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Vous savez ce que c'est le HDR ? Ça signifie "high dynamic range". C'est une technique née avec le numérique qui permet de s'affranchir (dans une certaine limite) de la limitation des capteurs en dynamique.

La faculté de voir des détails à la fois dans les parties très sombres et très lumineuses d'une même scène s'appelle la dynamique. L’œil humain est excellent pour ça, la nature ayant vite fait disparaître ceux de nos ancêtres qui, dans la savane écrasée de soleil, étaient incapable de discerner la tache brun-sombre allongée sous un baobab, celle qui avait vaguement la forme d'un lion affamé. Il se trouve que ni les capteurs des appareils numériques, ni les pellicules photo, n'ont la même dynamique, loin de là. C'est pour ça que sur vos photos, tout ce qui est dans l'ombre est complètement noir, et le ciel est invariablement tout blanc : les contrastes sont juste trop élevés pour être pris en compte par votre appareil.

Le HDR consiste à prendre plusieurs photos de la même scène à des expositions différentes. En général, on en fait trois : une normalement exposée, une surexposée et une sous-exposée. Puis, on passe ça dans un logiciel de HDR, on touche deux-trois curseurs, et l'ordinateur extrait magiquement les informations des zones sombres dans l'image surexposée, les informations des zones claires dans l'image sous-exposée, et mélange tout ça selon des algorithmes compliqué. Si on utilise correctement le HDR, on arrive à des résultats émulant la vision naturelle, tels que celui-ci :


Dans le cas contraire, on fait n'importe quoi et on dit qu'on est créatif :


Pour obtenir une photo sur ou sous-exposée, on fait varier le temps de pose. Les appareils modernes ont des fonctions de bracketting qui permettent de prendre automatiquement des séries de photo à des expositions différentes, ce qui est pratique.

J'en étais à ces réflexions quand je me dis dans le fort de moi-même : oui mais... pour faire varier l'exposition, y'a pas que le temps de pose qu'on peut faire varier, s'pas ?

LOOOOL APERTURE BRACKETTING !

En français : je module l'exposition en changeant l'ouverture. Sur un paysage à l'infini, on peut supposer que l'on obtient le même résultat qu'avec un bracketting de pose. Mais sur une scène proche, où l'ouverture fait varier aussi la profondeur de champ ? Hein ? Exemple :

-2


0


+2


Résultat :

Comme vous le voyez ici, dans l'arrière-plan, les zones sombres (clavier, souris, objectif pentax) sont systématiquement plus floues que les zones claires (GLAndOS, écran) car pour les zones sombres, le logiciel HDR va chercher les détails dans la photo surexposée, la plus ouverte, dont la profondeur de champ est la plus faible, et le flou le plus prononcé. Dans les zones claires en revanche, il va chercher ses infos dans la photo la plus fermée, donc la plus nette.

Bon, ben voilà, on s'est bien amusé...

Hein ?

Oui, éventuellement, on peut faire l'inverse mais...

Ouais, bon, OK.

REVERSES APERTURE BRACKETTING FTW !

C'est à dire que je fais varier l'ouverture et le temps de pose en sens inverse, de manière à avoir l'image la plus claire avec l'ouverture la plus grande !

-2 :


0 :


+2 :


Résultat :

J'ai utilisé rigoureusement les mêmes réglages dans le logiciel (Paint Shop Pro 14). Vous noterez que c'est quand même plus agréable à l’œil. Ici, les zones sombres sont nettes, et les zones claires sont floutes.

Dans les deux cas, on obtient une image réaliste d'un objet avec un arrière-plan féérique. Utilité pratique de la technique ? Non, ça va, merci. C'était juste pour illustrer que dans la science de l'ouverture, on fait ce qu'on doit parce qu'on peut (et c'était un triomphe).
Tags: énorme focale
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