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Nüßdorf

Donc, je m'en reviens d'Autriche, et là, mes réactions à chaud, c'est : quel pays de merde ! Imaginez, j'arrive à l'aéroport, où errent dans le plus parfait désordre des touristes débraillés et en manque total d'information, ne pouvant même pas compter sur la wi-fi (payante) pour se distraire, ou sur les toilettes (où faut faire la queue) pour soulager leurs vessies. Bien sûr, les locaux sont laids, sales et peu pratiques, mais il faut voir la gare ! A en croire un panneau, elle a été inaugurée il y a quinze ans. A voir l'état des murs de béton nu (tellement plus chic), on se croirait dans une ruine pharaonique. Un train toutes les vingt minutes pour arriver en ville, z'avez qu'à y aller en taxi, bande de pauvres. Enfin arrive la rame, qui doit avoir quarante ans. Partout, le mobilier, pourtant robuste, affiche les traces de son âge : sièges défoncés, décolorés, coussins percés, non par le cutter d'un vandale, mais par l'usage régulier, strapontins prêts à rendre l'âme... Le véhicule s'ébranle enfin dans un crissement de freins. Odeur de graillon, de transpiration, la journée a été chaude, et bien sûr, pas de climatisation. Le tortillard s'arrête à toutes les gares, chargeant à chaque arrêt son lot de poivrots, de paumés, de délinquants réels ou se prétendant tels. Les regards sont las, on ne s'étonne plus de rien. Sur les bords de la voie, s'expose la litanie des détritus, bouts de buses plastiques, câbles, ballons d'eau chaude, matériel ferroviaire déclassé, abandonné par la compagnie des chemins de fer parmi les herbes hautes que plus personne ne vient tondre depuis des années. De l'autre côté des clôtures éventrées et symboliques, s'alignent l'interminable litanie des petits patelins de banlieue, mornes et gris, avec leurs immeubles abandonnés, croulants sous les ans, ou ceux encore vivaces aux murs desquels courent les câbles électriques pirates. Nombres d'ateliers aux toitures éventrées arborent encore les noms d'entreprises, de marques, jadis prestigieuses, aujourd'hui sur la voie de l'oubli, voici ce que c'est que le déclin économique. Le moindre espace laissé disponible est badigeonné de graphs malhabiles immortalisant la vaine audace d'une jeunesse amorphe et sans avenir, qui tient les murs, regarde passer les trains, invective, attend quoi ? Qui ? De ci de là, des travaux sur la voie. Investissement ? Non, rafistolage, ce sont les travaux qu'on aurait dû faire il y a cinq ans pour éviter que les trains ne tombent en panne tous les deux jours. Après trois quarts d'heure, on découvre enfin cette grande capitale qui fait tant rêver, en se battant presque pour sortir tant la foule, en cette heure tardive, est encore dense. Attention où on marche, on manque de glisser sur une merde laissée par terre. Mais bon, je ne vous fais pas un dessin, vous connaissez sûrement la Gare du Nord.

Ah vraiment, quand on revient de l'étranger, la comparaison est toujours cruelle.


Bref, voici un petit aspect de Vienne et
de ce qu'un touriste doit en savoir.



En premier lieu, la plupart des commerces
et des musées sont ouverts de 10h à 18h.



Ce n'est guère pratique. En outre il est
généralement interdit d'y faire des photos.



Vienne est dotée de larges avenues (plus qu'à Paris)
et de moult carrefours où on passe des heures à attendre.



C'est pour cette raison que quand c'est vert, les
Viennois se précipitent pour traverser (ils ne restent
pas verts très longtemps). Il leur arrive parfois
de pratiquer le feu vert "à la française", c'est à
dire à la sauvage. Faites à Rome comme les Romains.



Il existe à Vienne un réseau très complet de
transport en commun, avec le S-bahn (RER), le U-bahn
(métro), les autobus et les trams. Hélas, la carto-
graphie en est encore plus merdique qu'à Paris et
dans la pratique, l'étranger peut se contenter
de fréquenter le métropopithèque.



Un pass 72 heures (Wien Karte) vous permet de
circuler à votre guise sur tout ce réseau sans
avoir à vous soucier de rien (19€), et ouvre
droit à des réductions dans moult musées.



Par contre, les calèches qu'on trouve un peu
partout ne sont pas comprises dans le prix
(tarif exorbitant)



Notez que les fiacres se ferment par
temps humide, ce qui peut être utile.



Bon, mais est-ce qu'on peut se sustenter
décemment dans cette ville ?



Pardon, je reformule la question : comment
survivre à l'hypercholéstérolémie viennoise ?



Bon, en faisant attention, en
apprenant un peu de vocabulaire...



Comme Frühstück...


Wienerschnitzel...


Bratwurst...


Melange... vous devriez vous en
tirer. Question climat, Vienne se
caractérise par un régime de... euh...



Hum... Vous vous souvenez des
leçons d'allemand d'il y a deux ans ?
C'est toujours valable.



Ah oui sinon, je ne résiste pas au
plaisir de vous conseiller un dîner
dans un restaurant de fruits de mer
du centre ville, chez Nordsee.



Je vous le conseille pour deux raisons.
D'une part parce que je ne vous aime pas,
et d'autre part parce que ça me ferait mal
au cul d'être le dernier pigeon à m'être
fait enfler (ils font payer la GARNITURE
du poiscaille pané !)



Sinon, vous avez peut-être l'âme musicale et vous
vous demandez "comment on fait pour aller à un concert
à Vienne ?" Y'a des gens qui ont de drôles de fantasmes.
En fait, c'est surtout ne pas aller à un concert qui
est difficile, tant sont omniprésents ces insistants
vendeurs emperruqués prompts à vous vendre toutes sortes
de prestations. Au bout d'un moment, on n'y fait autant
attention que chez nous aux roms qui veulent vous faire
signer leur pétition à la con.



(bon, ça m'a ouvert l'appétit tout
ça, je suçoterai bien une
petite viennoiserie, moi)
Tags: énorme focale
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