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Asp a testé pour vous : Sunshine



Dimanche, j'ai vu Sunshine. Un film tout à fait sympathique, qui tranche avec les productions ricaines habituelles où tout est clairement expliqué pour que même le plus crétin des blaireaux du fin fond du midwest puisse comprendre tout ce qui se passe sans faire appel une seconde aux trois neurones qu'il n'a pas consacrés à mémoriser des records de baseball. Ce film pratique assidûment l'ellipse narrative, ce qui requiert une certaine attention de la part du spectateur, mais permet de caser plus de péripéties.

Bref, là n'est pas la question, ce qui m'intéresse ici, c'est la vraisemblance scientifique du film, qui n'est visiblement pas la préoccupation principale des scénaristes.

En premier lieu, l'argument est peu vraisemblable. Le soleil s'éteint. C'est une perspective peu réjouissante, mais rassurez-vous, ça ne risque pas de se produire. L'astre rayonnant, auteur de nos jours et père de toutes les créatures, est une étoile parfaitement banale, dite "de la séquence principale", comme il en existe des milliards dans l'univers. Ces étoiles sont parfaitement prévisibles dans leur évolution. Ainsi, nous savons que notre soleil va augmenter très lentement en éclat pendant des centaines de millions d'années. Puis, il va gonfler démesurément, jusqu'à englober l'orbite de la terre, et devenir une géante rouge pendant quelques brefs millions d'années. Il va alors expulser son gaz par grandes bouffées qui formeront ce que l'on appelle une nébuleuse planétaire, phénomène tout à fait spectaculaire, tandis que son noyau se contractera sous la forme d'une naine blanche. En tout cas, il ne va pas s'éteindre comme ça, sans raison, pour nous faire chier. Sur les milliards d'étoiles que compte le cosmos et que les astronomes observent depuis des décennies, aucune ne s'est jamais comportée de la sorte, et ça serait vraiment la misère que ça tombe pile sur nous.

Accessoirement, si notre soleil avait des ratés, tout ce qu'on pourrait faire, nous, petits terriens, ça reviendrait à un pipi de mouche dans le puits d'un volcan en éruption. Envoyer des bombes atomiques dedans, ça peut à la rigueur servir à conforter la virilité de Bruce Willis, mais à part ça...

Bon, évidemment, il y a aussi les bruits dans l'espace. Là, on peut considérer que c'est une licence de style. Et puis il faut bien remplir la bande son.

Un autre détail plus gênant, c'est la gravité. Qu'il y ai quelque part un dispositif qui fabrique de la gravité artificielle, admettons, pourquoi pas. Mais pourquoi la gravité est dans un sens, puis dans un autre, puis y'en a plus ? Question d'autant plus gênante qu'elle n'est pas dénuée d'intérêt scénaristique vers la fin du film.

Mais pour moi le plus gênant, c'est le problème de l'oxygène. En gros, le problème du film, c'est qu'ils perdent leur serre à oxygène, et qu'ils n'en ont plus assez pour finir la mission (et encore moins pour rentrer). D'où le jeu de qui-qui-qui sera balancé dans le sas, c'est le dilemme de Wolff, bien connu des tintinophiles. Sauf que dans Tintin, c'est réaliste, puisque leur fusée est petite. L'Icarus II, en revanche, est un vaisseau ENORME ! Comment peut-on croire qu'une demi-douzaine d'astronautes vont épuiser les milliers de mètres-cubes d'air présents dans le vaisseau en quelques heures ?

En revanche, le vaisseau lui-même est relativement réaliste, si l'on considère les progrès technologiques ayant pu avoir lieu à cette lointaine époque (même si d'un autre côté, ça fait quinze ans qu'on fabrique l'ISS qui est à moitié finie, et qui n'aura jamais que le millième de la taille de l'Icarus).

Mais il est vrai que ce n'est pas là l'intérêt du film.
Tags: art
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