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Le barbecue de Montreal

En 1992, deux méchants groupes de rock sont au sommet des ventes. Guns n Roses vient de sortir les Use your Illusion et la BO de Terminator 2, et Metallica son Black. Alors quand ils ont annoncé une tournée commune, ça a été THE événement rock qu'il ne fallait pas manquer.

Les négociations entre les deux formations auraient pu achopper sur la question de qui passe en premier. Les guns veulent évidemment la place d'honneur, en deuxième partie de concert. Mais Lars Ulrich accède sans faire d'histoire à cette requête. C'est que le Danois a oublié d'être bête : Axl Rose est notoirement instable, et a l'habitude de commencer ses concert en retard, voir TRES en retard. En débutant le show, les horsemen, bien plus professionnels, ont l'assurance de pouvoir faire leur truc sans dépendre de quiconque, et de repartir se coucher à des heures décentes.


La tournée commence, et donne amplement raison au rusé Lars. Alors que le quartette Hetfield déroule ses concerts avec une régularité de métronome, les guns défraient la chronique par leurs frasques scandaleuses sur scène, et aussi en dehors, donnant chaque soir de véritables orgies de sexe, de drogue et de bourbon.

Et on arrive au stade olympique de Montréal. C'est le 8 août, on crève de chaud. Faith no more est passé en première partie (rien que ça). La nuit tombe, Metallica déroule les titres de légende de ses premiers albums. Au milieu du concert, entre deux sauvageries thrashesques, une petite oasis de tranquillité pour pépé Heth, avec le tranquille "Fade to Black" où normalement, c'est Kirk qui fait le gros du boulot.


Là, les versions divergent sur ce qui s'est passé exactement. Est-ce que Hetfield était un peu éméché et s'est écarté de la zone de sécurité ? Est-ce que c'était le technicien qui était bourré et qui n'a pas vu que le chanteur était au mauvais endroit ? Est-ce que le matériel était défectueux ? Toujours est-il que le frontman se retrouve brutalement pris dans une tornade de feu issue d'un dispositif pyrotechnique. Il tombe au sol sous le choc, tout son côté droit est brûlé au 3e degré, le visage, le bras, la cuisse... l'abdomen est épargné car notre homme est guitariste, sa pelle l'a protégé (mais l'accastillage, en acier, a fondu). On appelle l'ambulance. Confusion linguistique entre les musiciens anglophones et les médecins francophones. Pendant ce temps, le bras de Hetfield cloque méchamment, il a cuit assez profondément. Est-ce qu'il pourra rejouer un jour ? Est-ce qu'il survivra seulement à ses brûlures ? Est-ce le dernier concert de Metallica ? Lars monte sur scène pour annoncer aux fans la fin du concert et leur promettre de revenir dès que ce sera possible finir le boulot.


Le concert de Metallica abrégé d'une heure, c'est aux Guns de faire parler la poudre. Oui mais voilà : là où n'importe qui aurait profité de l'occasion pour sauver la soirée, cette outre bouffie de vanité et de bière qu'était Axl Rose décide de foutre encore plus le bordel en se pointant une heure en retard sur le planning initialement prévu. Bref, quand Slash & Co. arrivent sur scène, il s'est déjà écoulé trois heures depuis l'accident. Il est tard, les fans sont crevés, énervés, choqués, il suffirait d'une étincelle pour que tout s'embrase. Heureusement, les Guns n Roses, avec une grande conscience professionnelle, donnent le meilleur concert de leur carrière, et enthousiasment les milliers de spectateurs qui, aux petites heures du matin, rentrent chez eux ravis.


Non, je déconne. Axl Rose fait sa Madonna et écourte le concert en prétextant un mal de gorge, pov'choupinette. Aussitôt, une nuée de metalheads bourrés de bière et très remontés se met à saccager le stade, puis la ville.

Et Metallica dans tout ça ? James Hetfield s'est miraculeusement remis de ses blessures (l'alcool, ça conserve). Il reprendra la tournée quelques semaines plus tard, le bras en écharpe, son technicien guitare John Marshall le remplaçant à la gratte. Et fidèles à leur parole, les Metallica reviendront à Montreal finir leur concert pour leurs fans. Au final, ils se tireront de cette aventure bien mieux que leurs partenaires. Comme le raconte Slash dans sa biographie, ils faisaient 50/50 sur les gains de la tournée, mais là où Metallica encaissait la totalité de ce fric, les Guns n Roses en voyaient 80% partir en fêtes gargantuesques et en heures supplémentaires pour les roadies, en raison des retards d'Axl. Slash finira par claquer la porte en 96 et n'aurait, depuis, plus adressé la parole aux Rose.



Ah oui aussi, il y a une DTP ♣♣
Tags: belles histoires
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