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Raisons de la victoire de notre ami Nicolas Sarkozy

Rappelons les faits : Ces cinq dernières années de gouvernement de droite, que tout le monde, y compris à droite, s'accorde à considérer comme piteuses, ont été riches d'échecs, de défaites et d'humiliations pour la majorité. Entre référendum, CNE, CPE, émeutes et scandales financiers, le gouvernement sortant était littéralement vomi par la population. On pouvait donc postuler que tout candidat de droite aurait les pires difficultés à faire bonne figure, et a contrario, un babouin se présentant sous l'étiquette socialiste aurait été élu haut la main. Comment donc Nicolas Sarkozy a-t-il gagné l'élection ?

Ça a commencé en été 2006. Les sondages (faits un an avant les élections) indiquaient contre toute attente que Nicolas Sarkozy était populaire. D'où une inquiétude à gauche : qui pouvait brandir l'oriflamme socialiste contre le chef de l'UMP ? D'autres sondages allaient apporter la réponse : dans ces études, l'homme de Neuilly écrasait sans coup férir tous les éléphants du PS, Fabius, Strauss-Kahn, Hollande. En revanche, et sans qu'on leur ai demandé quoi que ce soit, ces institut ont aussi passé Ségolène Royal au banc d'essai. Et là, surprise ! Ça passait haut la main !

Aussitôt, la presse s'empare du "phénomène" Royal, et fait ses unes avec la pasionaria socialiste, la seule capable de battre Sarko (dans les sondages faits un an avant le scrutin, rappelons-le).

Seul problème, Ségolène n'a guère de programme. Face à Fabius, qui est l'héritier du mitterrandisme, ou Strauss-Kahn, le social-démocrate, elle ne peut en aucun cas prétendre à incarner un courant idéologique du PS. Surtout connu jusque-là pour ses sorties dans le domaine pas trop casse-gueule du "protégeons nos enfants contre les vilains pédophiles japonais néo-nazis de la télé sur internet", on ne pouvait pas dire qu'elle était porteuse d'un projet de gouvernement.

Ce qui n'empêcha pas les militants socialos, terrifiés par la perspective de voir gagner Sarko, de lui accorder largement leurs suffrages.
Et puis la presse a commencé à nous parler des "bourdes" de Ségolène, des bourdes dont d'ailleurs, si on les analyse objectivement, on doit bien reconnaître qu'il n'y a quand même pas de quoi fouetter un chat. La presse se déchaîne donc, et le doute naît : Ségo a-t-elle réellement la carrure pour affronter l'ogre Sarkozy ? Sa cote fléchit dans les sondages.

Mais voici que brutalement, un troisième homme surgit : Bayrou ! Profitant de l'affaiblissement de Royal, d'une campagne plutôt réussie et de sondages qui le donnent vainqueur au second tour contre l'autre, il grimpe, grimpe, et se rapproche des deux "vrais candidats". On commence à le voir au second tour...

Bizarrement, c'est là que le bourdomètre se tait. On n'entend plus parler des maladresses de Ségolène, de son incompétence, de sa "carrure". Silence dans la presse. Mieux, de grands organes appellent ouvertement à voter Ségolène dès le premier tour, pour éviter un "nouveau 21 avril". Ça fonctionne. Bayrou est finalement éliminé sur un score honorable, mais loin de Ségo, et très loin de Sarko. La France redevient la "Vraie Démocratie Moderne" qui plait tant aux éditoriaux tant de droite que de simili-gauche.

Mais ces perturbations n'entravent en rien la course tranquille de Sarkozy qui sait depuis longtemps qu'il sera président, car Ségolène Royal ne représente pour lui aucun danger. Pour vous expliquer en quoi Ségolène ne représente aucun danger, je vous engage à faire une expérience. Mettez-vous debout, tendez fermement le poing gauche et prononcez à haute et intelligible voix la phrase suivante : "Pour une gauche de combat avec Ségolène Royal". Parvenez-vous à terminer sans éclater de rire ?

Au fait, à qui appartiennent les instituts de sondage, qui ont fait désigner Ségolène Royal comme seule candidate possible pour la gauche ? A des amis de Sarkozy (le PDG d'Ifop est aussi à ses moments perdus présidente du MEDEF...).

A qui appartiennent les grands organes de presse ? A des amis de Sarkozy, Bouygues, Lagardère... Y compris "Libé", le journal de gauche écrit de la main droite, propriété du marxiste-léniniste Edmond de Rotschild.

En fait, Sarkozy a gagné parce qu'il s'est payé le luxe de choisir son adversaire. C'est tout de même pratique.
Tags: vive sarkozy
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