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A chaque fois que j'entends du Wagner, ça me donne envie d'envahir la Pologne


" ...un documentaire sur la vie de Richard Wagner qui suscite bien des réactions ici sur le plateau, oui Charles-René ? Je rappelle, Charles-René Hubon de la Pouillardière, que vous êtes Professeur Emérite au Collège de France en histoire de la musique.
- Oui, merci Anne-Valérie. Un documentaire tout à fait passionnant, et qui décrit bien l'instabilité émotionnelle du personnage de Richard Wagner, qui fut tout à la fois la source de son génie musical, et sa malédiction.
- En effet, Charles-Re...
- Instabilité émotionnelle qui le conduira à un rapport problématique avec l'argent car ne l'oublions pas, Wagner a été toute sa vie endetté jusqu'au cou, et poursuivi dans toute l'Europe par ses créanciers.
- Utile rappel, Charles-René. Oui Jean-Dominique, vous voulez rebondir ?
- Tout à fait Anne-Valérie, oui, un documentaire passionnant, mais qui passe sous le boisseau les rapports ambigûs du personnage de Wagner avec les femmes. Car Wagner était obsédé par les femmes, il ne pouvait pas vivre sans elles ! Contrairement à des compositeurs comme Beethoven, qui s'en passait fort bien en se tirant sur...
- Un érotomane !
- Parfaitement, un érotomane, c'est le mot, un érotomane. Songez qu'il a trompé tout à la fois son épouse Minna, et son meilleur ami Hans von Bülow, en ayant une liaison avec la femme de ce dernier ! Ce qui n'est pas très élégant, pour dire le moins.
- Et en plus, il empruntait les robes de chambre de sa femme. N'est-ce pas ridicule ?
- Oui, Roger-Marie Blanchon, historien et essayiste.
- Et collaborateur au "Journal des Belles Lettres". Mais pour en revenir à Wagner, ses petites passades privées ne regardent finalement que lui, et il reste l’œuvre, l’œuvre majestueuse.
- Enfin, majestueuse, n'exagérons rien. Il a écrit dix opéras en quarante ans, c'est quand même pas, hein... Niveau rendement, y'a mieux.
- Et alors, j'aimerais qu'on revienne sur cette relation pour le moins étrange entre Wagner et Louis II de Bavière. Vous pouvez nous en dire plus, Paul-Paul Rémijeanjean ? Je rappelle que vous êtes Chargé de Mission auprès du gouvernement Slovaque, en charge du démantèlement de la centrale nucléaire de Bohunice V2.
- Eh bien oui, Anne-Valérie, une relation tout à fait étrange, pour ne pas dire, une relation trouble ! Ce fut, pour reprendre les mots mêmes de Wagner, un coup de foudre entre les deux hommes. Une expression qui laisse une large part à l'imaginaire, quand on connaît l'histoire de Louis II, bien sûr. Donc, une estime réciproque, au moins, entre les deux hommes, et ça leur correspondance en atteste, mais aussi, il faut bien le dire, une roublardise incroyable de la part de Wagner, qui va sans vergogne piocher des centaines de milliers de maravedis dans les caisses de l'état Bavarois - rappelons qu'il s'agissait d'un état souverain à l'époque - et vivre comme un prince à Munich.
- Munich qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, faut-il le rappeler.
- Il le faut, on est sur Arte.
- Mais il y a au moins une autre passion dévorante dans la vie de Wagner, c'est Cosima, Cosima Liszt, qui épouser Hans von Bülow, l'ami de Wagner, puis quittera celui-ci pour finalement épouser Wagner.
- Tout à fait, Cosima qui survivra du reste près de quarante ans à Wagner, et entretiendra sa légende bien après sa mort, montera le festival de Bayreuth pour en faire l'institution que nous connaissons aujourd'hui, bref, une forte femme.
- Un bel euphémisme pour dire que c'était une manipulatrice. Elle fut du reste bien plus que l'amante du compositeur, elle gérait aussi ses affaires, en particulier financières, et fut l'active complice de toutes les entourloupes financières plus ou moins occultes qui ont entouré sa vie.
- Qu'entendez-vous par "occultes" ?
- Eh bien, il y a l'aspect financier, et je crois que le documentaire a abordé ces problèmes de façon courageuse, mais surtout, il faut le dire aussi, les Wagner auraient fréquenté un certain nombre d'occultistes, ce qui était d'ailleurs courant parmi les classes bourgeoises de l'époque. Ainsi, Gunthar Klagemühle, le bourgmestre de Liendenhaven, près de Munich, a raconté dans ses mémoires avoir vu un soir, dans un lac bordant sa commune, un certain nombre d'individus, dont les Wagner, se baigner nus à la lumière de la lune gibbeuse, sous la conduite d'un prêtre à tête de chèvre, on peut espérer qu'il portait un masque.
- Incroyable !
- Pourtant, cela n'étonnera pas les mélomanes, qui connaissent les thématiques mystiques qui sous-tendent toute l'oeuvre de Wagner, et sont attentifs aux signes cabalistiques cachés dans les livrets, les indications scéniques, etc...
- Tout à fait passionnant. Oui Charles-René, vous voulez revenir sur...
- Sa mort est à l'image de sa vie, trouble et peu claire et assez trouble.
- Wagner qui était Franc-Maçon, ça c'est sûr.
- Sans compter que ce nabot pryapique boîtait d'une jambe, ce qui lui donnait un air des plus grotesques lorsqu'il se déplaçait.
- Enfant, c'était un élève médiocre, et s'il était un grand compositeur, son talent de musicien était très laborieux.
- Sa piètre éducation se ressent dans sa prose, qui est tout à fait accablante de platitude.
- Il sentait, disait-on, fort mauvais des pieds.
- Gibbeuse !
- En fait, il était chauve, et portait un toupet.
- Il faisait caca par les fesses.
- L'émission va toucher à sa fin, mais j'aimerais qu'on revienne rapidement sur la polémique, alors Wagner, nazi ou non ?
- En tout cas, une chose est sûre, il était antisémite.
- Complètement antisémite.
- Ah c'est sûr ! Dès qu'il croisait un juif dans la rue, il sursautait, faisait le signe de croix, voire même parfois, crachait en montrant les dents, vous savez, comme font les chats. Ksss ksss...
- On a retrouvé dans ses papiers un brevet d'antisémitisme de la Ligue Antisémite du Brandebourg. C'est un fait établi, Richard Wagner était bien antisémite.
- D'ailleurs, ses derniers mots, sur son lit de mort, recueillis par son confesseur le père Poortnawak, ont été "Ah, je pars avec un seul regret, celui de mourir six ans avant la naissance d'Hitler, ce grand homme"
- Donc, voilà qui est tranché, Wagner était donc un nazi.
- Y'a pas plus nazi.
- Merci à tous, le moment est donc venu de rendre l'antenne, place à la musique donc, avec pour célébrer les 200 ans de la naissance du Hauptgruppmanführer SS Richard Wagner, gardien de camp à Treblinka, l'ouverture de Tannhaüser, par l'Orchestre Symphonique de Vienne, sous la direction du tout aussi nazi Herbert von Karajan. Bon opéra sur Arte ! "

Tags: textes divers
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