aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

Et le lapin géant bouffeur de planètes


Ce que je voulais dire hier (mais vous, fous que vous êtes, refusez de m'entendre...), c'est que les gouvernements européens s'organisent pour la faillite des banques. Alors on pourrait dire "oui mais c'est au cas où", ou alors "mieux vaut prévenir que guérir", ou encore "je sais que bon-vivant rime avec prévoyant". Sauf que dans un paragraphe, on note que ces dispositions ont donné lieu à de vifs échanges, signe que ces faillites sont tout sauf hypothétiques, que ces scénarios sont pris très au sérieux par les experts et que ces dispositions ont vocation à être appliquées.

Le dispositif prévoit de tondre successivement les salauds d'actionnaires, puis les ordures de créanciers, puis les pourritures d'obligataires, et en dernier recours, éventuellement, si y'a pas d'autre solution, mais c'est vraiment en dernier recours et ça n'arrivera jamais dans la vraie vie parce que vraiment il faudrait des circonstances exceptionnelles comme la chute d'un astéroïde ou une apocalypse zombie, genre avec Bruce Willis et tout, ou alors Galactus, vous voyez, donc en dernier recours, les pov'déposants (vous et moi). Mais ça n'arrivera jamais. Et du reste, ça n'est jamais arrivé. En tout cas pas récemment. Enfin, pas récemment en Europe. Je veux dire, en Europe continentale.

Est-il nécessaire de vous rappeler ce qu'il s'est passé à Chypre il y a quelques mois ? Les clients se sont vus ponctionner l'argent de leurs comptes pour renflouer leurs banques moribondes. Et pas qu'un peu.

Et avant de vous faire tondre sur le mode du " il vaut mieux perdre une partie vu que si la banque fait faillite, vous perdez tout ", vous aurez déjà été bien dégagé sur les côtés et désépaissis sur le dessus. Parce que c'est qui les actionnaires des banques françaises ? Regardez un peu comment sont fabriquées les SICAV qui abondent dans votre PEA et que votre conseiller financier vous a vendues comme "sûres et performantes grâce à la gestion indicielle". Avant de vous gausser des spéculateurs sur obligations qui n'auront que ce qu'ils méritent, demandez donc à votre conseiller financier de lire la notice Euronext jointe aux fonds " de tout repos " dont il a garnis votre assurance-vie. Et les créanciers "les moins assurés", vous savez qui c'est ? Les banques. Autant dire que c'est un bon moyen pour que la faillite de l'une fasse s'effondrer les autres.

La question qui vient alors à votre esprit, c'est : " oui mais en cas de risque systémique avéré (c'est à dire que les banques tombent les unes sur les autres dans un grand fracas), quel pourcentage de mon épargne va-t-on me ponctionner pour les renflouer ? " Eh bien la réponse, c'est " 100%, et ça ne suffira même pas. Pour être précis, ça suffira même pas à boucher le dixième du trou. " C'est toute la magie de ce qu'on appelle le " ration tier one ", ou ratio Bâle II, ou ratio de solvabilité bancaire. A l'origine, il était à 4%, aujourd'hui, " par prudence ", il a été porté à 8%. Ça veut dire en gros que si vous êtes une banque, vous pouvez prêter autant d'argent que vous voulez à n'importe qui, à n'importe quoi, n'importe comment, pour autant que vos encours représentent plus de 8% de ces prêts. Donc, si vos clients ont 8 milliards de dépôts sur leurs comptes courants et autres produits financiers du même genre, vous avez le droit de prêter 100 milliards sur les marchés, c'est pas cool ? Et de toucher, bien sûr, des intérêts dessus, pour autant que ces prêts soient honorés. Si ne serait-ce que 10% des débiteurs font défaut, la banque saute. Et à qui elles ont prêté ces fameuses banques ? A la Grèce, à Chypre, à l'Italie, à l'Espagne, à l'Irlande, à la France... Du coup, quand ces états jurent que jamais plus le contribuable ne mettra la main à la poche pour sauver les banques, c'est de la bouffonnerie pure et simple. Les états n'ont pas le choix, si les banques coulent, ils coulent aussi, et inversement.

" Mais alors, que faire, ô, divin Asp Explorer, pour protéger mon cher argent ? " Allez-vous me demander, tenaillés d'un doute affreux. Ben, déjà, votre argent, c'est de l'euro, c'est à dire que c'est de la monnaie de singe. Alors ce que vous pouvez faire, c'est retirer des liasses de devises fortes (et non pas ouvrir un compte en devises, puisque vous allez vous le faire débroussailler par le Trésor Public), ou alors vous débarrasser de ces liquidités de merde tant que ça vaut encore quelque chose. Vous pouvez, par exemple, acheter des objectifs hors de prix, des guitares de luxe dont vous savez à peine jouer, des choses facilement revendables.

Bon week-end, au fait.




J'avoue que je me suis posé la question
Tags: couilles en or
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 16 comments