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Adieu les verts, et bon débarras

Je suis heureux et fier d'avoir vécu assez vieux pour assister à un grand moment dans l'histoire intellectuelle humaine, une avancée sur le chemin du progrès dont je ne pensais pas être témoin. En effet, nous voyons aujourd'hui, en ce moment, un peu partout, s'évanouir dans les limbes de l'oubli la grotesque pantalonnade de l'écologie politique.

Comme toujours et partout, la France est à la traîne de vingt ans, et pourtant déjà, les petites gens écrasées de taxes et de règlements débiles se révoltent, parfois même >> jusqu'à la violence << contre les fatwas des ayatollahs verts. Non, nous ne voulons pas "densifier l'urbain", nous voulons vivre dans des pavillons en banlieue si bon nous semble. Nous ne voulons pas renoncer non plus à un droit ancestral, acquis depuis le temps des néandertaliens, celui de faire du feu chez nous pour nous chauffer (car figurez-vous que >> ça va bientôt être interdit aussi <<). Nous ne voulons pas nous priver de nos voitures pour nous entasser à deux fois plus nombreux dans des trains qui sont déjà aux limites de la guerre civile. Nous ne voulons pas nous priver non plus de chauffage en hiver, ni de lumière, ni de cerises, pour rendre hommage à nos aïeux qui ont travaillé et se sont battus pour que leurs descendants accèdent à des conditions de vie et de confort décentes. Non ! Ce simple mot résume assez bien l'attitude saine des Français face à ce mode de vie troglodyte qu'on entend nous imposer depuis les hôtels particuliers du VIIIe arrondissement. Et cette réalité éclate maintenant à la face bouffie de certitudes des conocrates qui nous gouvernent, les plongeant dans des océans de perplexité. Il faut pourtant reprendre les seuls chiffres qui comptent, ceux sortis des urnes. En 2012, EELV a fait 2,4% des voix. C'est une étrange démocratie que celle où une personne décide que quarante autres devront désormais circuler à vélo et payer l'octroi à l'entrée des villes pour sauver les ours blancs (>> qui du reste pullulent <<). On m'objectera que c'est sans doute la personnalité de la candidate qui, par ses prises de position maladroites et sa personnalité moyennement flexible, aura joué un tour à l'écologie politique. C'est oublier un peu vite que cinq ans plus tôt, Dominique Voynet avait fait 1,57% (le désastre d'Eva Joly a donc marqué une progression). Les écologistes, c'est rien, il faut se rendre à l'évidence.

La France est à la traîne de vingt ans, donc, mais le reste du monde s'est rendu compte depuis un moment que l'écologisme était à foutre à la poubelle à -ismes. Avant même le krach de 2008, les principaux pays "à effet de serre" ont refuser de signer les accords de Kyoto, bien inspirés qu'ils furent, laissant les Européens seuls se tirer une balle dans chaque pied avant le début de la compétition économique. Depuis le comique sommet de Copenhague où, bravant un blizzard à -20°, toute la smala des bouffons d'Etat s'était réunie pour arracher un semi-accord non-contraignant et non-applicable prévoyant un moratoire sur les réunions préparatoires à la mise en place du symposium pour débroussailler l'ordre du jour du prochain sommet de la Terre, il n'y a plus, et on s'en félicite, de consensus nulle part sur le climat, et les hurlements millénaristes du GIEC ne font plus peur qu'à quelques journalistes parisiens. En exploitant leur gaz de schiste, les USA sont en passe de devenir le premier producteur mondial d'hydrocarbures. La France refuse même de savoir si elle en a. Hollande promet solennellement que pour complaire à 2,4% des votants, on va fermer la moitié de nos centrales nucléaires, fusillant notre outil industriel au moment où tous les pays émergents cherchent à s'équiper (malgré la "dramatique" catastrophe de Fukushima qui, je le rappelle, a toujours fait zéro mort). Mais c'est vrai qu'en Europe, on va faire "la transition énergétique". Transition, d'accord, mais vers quoi ? On n'a pas d'alternative crédible aux modes actuels de production d'énergie. Les panneaux solaires et les moulins à vent, ça marche pour tirer l'eau d'un puits au Sahel (jusqu'au moment où ça tombe en panne, et vas-y donc trouver un réparateur agréé à Tombouctou), mais ce n'est pas applicable à la consommation d'un pays moderne. La seule alternative, c'est la diminution drastique de notre consommation. On fait comment ? On s'enterre dans des yourtes, on composte nos excréments pour faire pousser des navets sur notre lopin de Larzac en se chauffant avec du bois mort (ah non j'oubliais, ce sera interdit) ? Du reste les Allemands l'ont bien compris. Ils ont décidé de fermer leurs centrales nucléaires, et de faire la transition énergétique vers... les centrales à gaz et à charbon. Il faut dire que chez eux, même les sociaux-démocrates les plus bornés ont compris que >> l'environnement, ça commence à bien faire <<

Bref, après un moment d'égarement dû à un trop-plein de fric, le monde en général et l'Occident en particulier voit le vent souffler enfin dans le bon sens, et la raison reprendre ses droits sur les rêveries de décroissants attardés. Peut-être est-il trop tard pour l'Europe, qui a perdu beaucoup de temps que nos concurrents ont mis à profit pour >> s'équiper massivement en infrastructures << tandis que nous dilapidions nos ressources en aides publiques pour colmater les fenêtres. Sans doute est-il trop tard pour la France, qui comme d'habitude, a vingt ans de retard.
Tags: opinion
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