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Et la solidarité j'en fais quoi ?

Eh bien voilà, la solidarité, je l'emmerde.


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Permettez que je sois plus précis. En éthologie (la science du comportement animal), on parle souvent d'altruisme. C'est quand un animal décide de faire quelque chose au bénéfice d'un autre (qu'il soit de son espèce ou non). Par exemple, quand un guépard mâle aide un autre guépard mâle à pécho une femelle, ou quand une fourmi travaille pour nourrir la reine, ou quand un chien de prairie fait le guet le ventre vide pendant que les autres broutent. Le terme d'altruisme peut être trompeur car dans le comportement humain, l'altruisme, c'est faire le bien pour autrui, mais gratuitement. Dans le monde animal, l'altruisme est un comportement sélectionné par l'évolution car favorable à la transmission des gènes de l'animal altruiste. Ainsi, parmi les guépards, les zoologues ont noté que la coopération sexuelle des mâles supplantait la compétition si et seulement si les deux guépards étaient frères. Du coup, il est avantageux pour le félin tenant la chandelle de favoriser les amours de son collègue, doté peu ou prou du même bagage génétique - il transmet ainsi indirectement son patrimoine génétique. De même pour les fourmis, chez qui la reine a le monopôle de la reproduction. Aider sa mère à se reproduire est un bon moyen de transmettre son bagage. Quant au chien de prairie, s'il guette, c'est pour assurer la survie de sa famille, et il sait en outre qu'il sera bientôt relayé et pourra grignoter à son tour. Dans tous les cas de figure, l'animal avait un intérêt à long terme à agir comme il le fait, il ne le fait pas parce qu'il est "gentil", mais parce que c'est avantageux pour lui.

Dans les sociétés humaines, la solidarité, c'est la même chose. La solidarité, au sens habituel du terme, est une composante indispensable de la vie sociale. Un pacte social présuppose que, pour faire face aux aléas de l'existence, il est judicieux de mutualiser les risques. Ainsi, lorsque je suis favorisé par la fortune, la société attend de moi que je me déleste d'une partie de mon excédent au profit de ceux qui, dans le même temps, traversent une période de gêne. Si j'accepte ce système, c'est parce que les vicissitudes de la vie étant par essence imprévisibles, il se peut que je me retrouve un jour dans la dèche, et ce jour là, je serai heureux de compter sur la bienveillance du reste de la société.

La limite de l'exercice, c'est que ce système d'entraide mutuel repose sur deux présupposés, à savoir que :
1 - les personnes que j'aide aujourd'hui vont profiter de ma générosité pour traverser au mieux les épreuves qui les accablent et retrouver rapidement la classe productive
2 - la société me fournira effectivement une aide efficace en cas de coup dur

Pour ce qui est du point 1, je ne crois pas m'avancer trop en disant que, vivant comme moi en France au contact quotidien de sa population, vous conviendrez que ceci est largement faux. De par même la générosité extrême d'un système de redistribution poussé au bout de sa logique, il s'est créé une large caste de personnes n'ayant aucun projet de se sortir de l'assistanat, car cela les condamnerait à voire leurs revenus disponibles diminuer, sans compter l'évident désagrément qui consiste à devoir travailler. Cette caste qui objectivement vit du parasitisme est, au fil des ans, devenue assez pléthorique pour peser d'un lourd poids dans les élections, ce qui du coup limite la capacité du pouvoir politique à prendre les mesures indispensables pour sauver le pays (leur couper les vivres). Je ne leur reproche pas d'ailleurs, ils votent en fonction de leur intérêt et ils ont raison.

En ce qui concerne le point 2, j'ai une expérience personnelle d'un an de chômage à la sortie de mes études, qui m'invite à penser que cette espérance est tout aussi farfelue. En effet, à l'époque où j'étais dans ladite merde, je n'ai pu compter que sur la solidarité de ma famille, et c'est finalement un directeur commercial de SSII qui m'a mis le pied à l'étrier en me fournissant un CDI à 1900€/mois. Objectivement, l'homme était un parfait requin mégalomane et alcoolo, néanmoins, c'est à lui que je dois ma bonne fortune, et nullement à l'état-nounou, à l'ANPE, à la CGT ou à une quelconque association de mémères bien-pensantes. A l'époque donc, la solidarité, je n'en ai jamais entendu parler. Aujourd'hui que j'ai un peu d'argent, on ne cesse de me rebattre les oreilles avec. C'est un peu étrange, je trouve.

Pour en revenir à ce qui est important, à savoir MON INTERÊT, il faudra m'expliquer ce que je gagne à engraisser ces parasites. De toute évidence pas grand chose. Prenons la santé. Je paye cher le droit d'accéder au système de santé Français quelemondenousenvie. D'autres payent beaucoup moins cher, d'autres rien du tout, car en France, on a décidé que les cotisations sociales seraient progressives. En revanche, tout le monde est logé à la même enseigne en ce qui concerne les soins, car sinon cestlaporteouverteàlamédecineàdeuxvitesses et ça il faut pas. Pourquoi il faut pas ? Parce que c'est mâââââl. Donc, en cas d'accident, pas de privilège, je vais me retrouver à pisser le sang pendant dix heures dans dans les mêmes urgences que les pouilleux. Or, ceux-ci diffèrent de moi en ceci que moi, j'ai autre chose à foutre de ma vie. Eux, ça ne les dérange absolument pas de faire la queue trois heures à la sécu pour un remboursement de 25€85, deux heures à la préfecture pour faire refaire une carte grise et cinq heures à la mairie pour un passeport, ils n'ont que ça à branler. Moi non. Donc, au final, on me demande de financer ce qui est non pas un bénéfice pour moi, mais une nuisance.

Ah, vilain Asp, tu vieillis mal ! Me direz-vous alors. Attendez un peu les mecs, vous croyez vraiment que je suis seul à penser comme ça ? Vous croyez que je suis le seul à considérer que je me crève le cul à traîner un boulet ? Je ne crois pas. C'est peut-être la première fois que vous lisez ce genre d'argumentaire, parce qu'habituellement, ceux qui sont du même avis que moi sont assez avisés pour ne pas en faire état. Ils se taisent. Je vous choque ? Pourquoi ne pas réserver votre colère à ceux qui, plus hypocrites que moi, >> professent la solidarité, l'amour du prochain, l'entraide et la tolérance tout en planquant leur fric en Suisse <<. Moi, vous voyez, j'ai pas de fric en Suisse, je suis salarié, je n'ai rien à cacher au fisc et je n'ai rien à cacher à mes lecteurs bien-aimés
Tags: bfg-9000
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