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La désindustrialisation de la France, une cruelle réalité

Tandis que des oligarques autistes, adeptes de l'autosuggestion et aveuglés par des statistiques qu'ils truquent eux-mêmes, nous expliquent à longueur d'articles dans des journaux qu'ils payent que la France va bien et qu'il n'y a aucune raison de désespérer, ailleurs, loin du périphérique, loin du Fouquet's et de la rue du Cirque, leurs électeurs vivent une toute autre réalité. Et ce ne sont plus les grands conglomérats industriels de jadis qui ferment, ce ne sont plus les Schneider, les Saint-Gobain, les Usinor, les dinosaures issus du XIXe siècle et prétendument condamnés par la mondialisation, qui licencient, disparaissent, et laissent des régions entières sans autre pôle d'activité que la DDE et la sous-préfecture. Le temps des charbonnages, des filatures et des haut-fourneaux est révolu, et rejoindra bientôt dans le souvenir des Français les cavalcades napoléoniennes et le vase de Soisson.

Ceci est achevé et ne reviendra plus, il y a longtemps que leurs ouvriers, leur dernier piquet de grève levé, sont allés rejoindre tête basse la cohorte des assistés professionnels. Mais aujourd'hui, ce sont les artisans, les PME spécialisées, les entreprises à haut savoir-faire qui disparaissent. Celles-là même qui devaient remplacer les titans du capitalisme français de jadis et assurer le retour au plein-emploi, tirer la croissance, celles-là meurent à leur tour. Non, apparemment, les Chinois ne font pas la queue pour acheter des sabots tournés à la broche par le dernier artisan des Vosges si cher à Jean-Pierre Pernaut.

Ainsi, on a appris que sur les millions de pots de moutarde dite "de Dijon", il n'y en avait plus un seul qui ait été fait à Dijon. Ainsi, aussi, le dernier fabricant de piano de l'hexagone a fermé ses portes l'an dernier. Quelle que soit l'excellence de leurs produits ou la renommée de leurs terroirs, ils n'ont rien pu faire au sein d'une économie qui réclame toujours plus de capitaux, toujours plus de logistique, toujours plus de marketing.


Ainsi, observez cette usine au bord du Rhône : c'était l'usine Sofelec de Valence. Rachetée en 2004 par A.M. Roengten GMBH, de plan social en restructuration, l'entreprise a fermé ses portes quantre ans plus tard. C'était la dernière manufacture d'électrons de la région. Oui, vous avez bien lu, il n'existe plus d'électron de Valence ! Ne vous laissez pas abuser, ceux qu'on vous vend pour tels proviennent le plus souvent de Thaïlande.


Difficile de croire que ce capharnaüm fut l'atelier d'usinage (c'est un des anciens ouvriers pose au milieu)


La chaîne de charge. C'est ici que les électrons recevaient leur charge négative.


L'atelier de conditionnement, c'est ici que les électrons étaient encore, il y a peu, rangés à la main dans les petites boîtes de carton bleu et blanches bien connues.


Le laboratoire du contrôle-qualité, relique d'une époque où on n'avait pas systématiquement un électron défectueux par tube de douze.


Photo du temps jadis : les ouvrières qui peignaient (à la main !) le petit signe "-" sur chaque électron.

Et pendant ce temps, Renaud de Montembourg fait le con en pull marin. Minable.



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Tags: la france qui coule
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