aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

Storytelling


Oh, la belle image comme on les aime ! Oh comment elle va trop faire la une des nourjaux ce matin, avec des titres du genre "la révolution" ou "pour l'histoire". L'histoire, on la lit en une image, celle d'un peuple soulevé pour sa liberté, contre l'ignoble tyran Jakounovitch ou quelque chose de ce genre.

La vraie histoire, c'est plus compliqué. Y'a deux camps, les pro-Russes et les pro-Américains (on dit "pro-occidentaux" ou "pro-Européens" mais dans la pratique, l'Europe, c'est un protectorat Américain, donc...) Depuis l'indépendance du pays, les deux camps s'affrontent, parfois de façon modérément démocratique. C'est vrai qu'il y a des ingérences moscoutaires. C'est vrai aussi qu'il y a des ingérences de Washington.

Bon, faut poser un truc quand même, à la base : l'Ukraine, c'est pas une petite république folklorique perdue dans quelque obscure Transylvanie où des roms mal dégrossis tirent à bras des carrioles pleines d'enfants pour les vendre au marché. C'est un pays un peu plus grand que la France, et un peu moins peuplé, c'est un gros morceau l'Ukraine.

En outre, les intérêts Russes sur le pays sont assez légitimes. Songez que des noms comme Kharkov, Donetsk, Odessa, Dniepropetrovsk, Lvov ou Sebastopol, qui sentent bon Pouchkine, Michel Strogoff et l'opération Barbarossa, sont ceux de villes d'Ukraine, et non de Russie. Kiev a été du reste, bien avant Moscou, la première capitale de la Russie. Le pays compte une importante minorité russophone, qui est majoritaire dans l'est du pays. Donc, les "pro-Russes", ne sont pas quelques oligarques bouffis de roubles douteux de Gazprom et réchappés de l'ère Brejnévienne, ils représentent les intérêts d'une part importante de la population. Bien sûr, c'est aussi le cas des "rebelles", qui agrègent toutes sortes de formations politiques allant de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, et que n'unit que la défiance envers les "Russes".

Bref, l'affaire est complexe, enracinée dans un long vécu historique, et ne peut sûrement pas se régler par la prompte élimination d'un quelconque satrape. Il est évident qu'il n'y a que deux solutions à ce conflit : soit le compromis politique, soit la guerre civile.

Mais comme ces considérations n'aident en rien à la vente de papier, vous n'en entendrez pas parler dans vos journaux.




A bientôt pour le crédit d'impôt à tout milicien
qui construirait une centrale nucléaire.
Tags: news
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 11 comments