aspexplorer (aspexplorer) wrote,
aspexplorer
aspexplorer

C'est Charybde ou le choléra...

20140401_chaton1

Rappel des épisodes précédents : il était une fois un malfaisant personnage qui avait profité de la faiblesse de son chef pour prendre sa place comme le gros fourbe qu'il est. Il avait réussi à convaincre certains Français qu'il n'avait jamais participé à aucun gouvernement, bien qu'il eut occupé moult ministères avec de fort médiocres bilans durant les dix années qui avaient précédé. Il avait aussi profité du fait qu'il n'y avait en fait pas d'autre candidat cette année là.

Son quinquennat se déroula comme une remarquable suite de calamités, enchaînant guerres injustes, lois liberticides, lâcheté sur tous les sujets et inefficacité économique. Lorsque il entra en fonction, son premier ministre, frappé d'un rare accès de lucidité tel un Ran-tan-plan de la politique, émit l'opinion que la France était virtuellement en faillite. Il le tança vertement, et nous fit six cent milliards de dettes supplémentaires, au beau milieu d'une crise de la dette.

Au bout de cinq ans, l'homme était si justement et universellement détesté que même un orang-outang échappé de la ménagerie du Jardin des Plantes et doté d'une carte du Parti Socialiste l'aurait largement battu. François Hollande remporta l'élection avec 51,64% des suffrages.

20140401_chaton2

Et c'est là que le malentendu commença. Car les socialistes, qui ne se sentaient plus pisser de leur victoire, la mettaient sur le compte d'une adhésion populaire à leur leader charismatique, à leur programme progressiste et à un projet de société merveilleux où tous les hommes de l'arc-en-ciel sont frères dans le monde de demain de la connaissance libre et non-fumeuse (avec de l'Europe durable dedans).

Et c'est comme ça qu'en moins de deux ans, les nouillalistes réussirent à faire autant de conneries que la droite en cinq, et à s'attirer, pour les mêmes raisons, la haine viscérale de leurs administrés - ce dont ils semblent du reste vaguement conscient, si l'on en juge par les armées de CRS en armure qui entourent les déplacements du moindre sous-secrétaire d'état allant inaugurer un étal de fleuriste à Saint-Mandé.

Entre les Bonnets Rouges, les Indignés, la Manif pour Tous, le Jour de Colère et Notre-Dame des Landes, on ne compte plus les collectifs contestataires qui battent le pavé par centaines de milliers, incendiant les infrastructures routières, bloquant la circulation, saccageant les propriétés, sous les motifs et au nom d'idées fort variables mais qui se retrouvent sur un point fondamental : ils considèrent tous le gouvernement comme un ramassis d'incapables suffisants et corrompus issus d'une caste de parasites autistes. Je ne suis pas loin de partager cette analyse en y ajoutant toutefois un bémol (je considère qu'en outre ce sont des traîtres et que s'il venait à l'idée d'un groupe de patriotes de vouloir les passer tous par les armes au petit matin blême dans les fossés du château de Vincennes, de dos et un sac sur la tête, ça ne me choquerait pas plus que ça).

20140401_chaton3

Bref, on arrive aux municipales. Assez curieusement, les stratégistes du PS avaient anticipé que le scrutin leur serait, sinon favorable, en tout cas clément, car "les maires de gauche sont les meilleurs". Ils construisent des piscines, des crèches, flattent les croupes sur les marchés etc... Oui, le scrutin municipal est un scrutin local, donc peu sensible aux enjeux nationaux, et donc, un relatif succès aux municipales était espéré pour redonner un peu de légitimité démocratique au gouvernement. Euh... c'est pas antithétique avec la définition d'un scrutin local, ça ? Ta gueule, ponds des éléments de langage et ne réfléchis pas trop.

Or, ce fut une branlée.

Et alors là, c'est le florilège de conneries. Le tandem Désireless / Soupline nous serine depuis hier que si la gauche a perdu, c'est "à cause de l'abstention". Oui alors donc, après avoir accumulé toutes les conneries imaginables en même pas deux ans, les stratégistes du PS étaient persuadés qu'ils étaient encore soutenus par une majorité de la population, qui s'exprimerait pour réélire les maires socialistes. En effet, la logique qui prévalait, c'était que si l'abstention était forte, c'était dû au fait que des "électeurs de gauche" peu convaincus par l'action sociale du gouvernement avaient boudé les urnes, et que donc il fallait "écouter le message des Français", c'est à dire faire une politique plus à gauche (pour récupérer ces fameux gauchistes évaporés).

20140401_chaton4

Et alors là on s'arrête une seconde et on réfléchit. C'est quoi un "électeur de gauche" ? Pour ce que j'en sais, le scrutin est encore secret dans ce pays de merde, et donc les gens votent comme ils veulent. Si un instituteur veut voter UMP, je ne vois pas ce qui l'en empêche, par exemple. Comment valider le scénario expliquant la débâcle ? Ne peut-on en imaginer d'autres ? Peut-être que, allez, soyons fou, l'abstention est générale, frappant autant l'UMP que le PS, mais une partie des anciens électeurs du PS ont trouvé des charmes aux candidats de droite ? Ou alors peut-être que l'abstention s'est concentrée sur les communes où le FN n'avait pas de candidat, et donc, les citoyens acquis à ce parti sont restés chez eux (ce que confirment du reste certaines études).

Toujours est-il que ces considérations n'ont pas effleuré l'esprit simple de ces pauvres diables, qui se croient propriétaires de l'âme des gens, et qui en ont déduit que si les français avaient voté à droite, c'était parce que la politique de la gauche n'était pas assez à gauche.

Formulé comme ça, ne dirait-on pas que c'est un peu débile ?

Et l'appareil socialiste de mettre la défaite sur le dos du pacte de stabilité, soi-disant tournant libéral du gouvernement, dont pourtant rien n'est encore sorti, auquel les Français n'ont rien compris, et qui ne suscite que l'indifférence polie et désabusée du monde des affaires.

20140401_chaton5

Néanmoins, Hollande se devait de réagir avec l'esprit de décision qui le caractérise, et changer de premier ministre. Le contesté Ayrault devait sauter, on avait alors le choix entre deux poids lourds du PS pour le remplacer : Ségolène Royal ou Manuel Valls.

C'est un peu la peste ou le choléra. Les inconvénients de Valls sont bien connus : tout le monde le déteste. Non mais réellement, il a réussi à se mettre tout le monde à dos. Le peuple de droite qui avait quelque estime pour lui jusqu'à ce qu'il se mette à gazer des gosses en queue de manif pour tous, les gamins des cités qui avaient acclamé Hollande à la Bastille en 2012 mais ne lui pardonneront jamais l'affaire des quenelles, et dans son propre parti, l'aile gauche du PS (c'est à dire quasiment tout l'appareil du parti) qui vomit de longue date sa ligne sécuritaire.

Maintenant, Ségolène avait aussi son lot de casserole. Elle est à peine mieux vue de l'appareil PS, porte sur elle les stigmates de la défaite de 2007, elle ne passe pas dans les médias, sa personnalité énerve tous ceux qui la côtoient, et puis surtout, vu les frasques sexuelles du "Président Normal", le fait qu'un Président choisisse un Premier Ministre avec lequel il a couché aurait été la gauloiserie de trop.

La seule chose positive pour le gouvernement, c'est que le pitoyable spectacle qu'il nous offre a permis de faire passer au second plan les chiffres abyssaux du déficit (la dette atteint 93,5% du PIB) et le énième naufrage mensuel de l'emploi (31000 chômeurs de plus).

20140401_chaton6

Bref, je souhaite toute la réussite du monde au gouvernement Valls, qui part sous les meilleurs auspices !

(PS : désolé pour les images qui sont peu illustratives, je n'ai malheureusement trouvé aucune photographie flatteuse de M. Valls sur internet)
Tags: vive sarkozy
Subscribe
  • Post a new comment

    Error

    default userpic

    Your IP address will be recorded 

    When you submit the form an invisible reCAPTCHA check will be performed.
    You must follow the Privacy Policy and Google Terms of use.
  • 11 comments