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Merci, et à dans cinq ans !

Il y a des jours où on aimerait bien se tromper. J'aurais été content de pouvoir dire "bon ben je m'ai gourré, Ségolène est présidente". Mais j'ai eu raison, Sarkozy est passé. Pourquoi ce résultat ? Est-ce que Sarkozy était vraiment si irrésistible que ça ? J'ai quelques doutes à ce sujet. J'ai quelques doutes sur l'efficacité d'un argumentaire essentiellement fiscal qui ne touche en fait qu'une infime minorité de personnes. J'ai des doutes sur le fait que les Français soient subitement devenus des partisans farouches de la concurrence libre et non-faussée. Je ne suis pas convaincu qu'ils seraient franchement emballés par l'"immgration choisie" s'ils avaient compris ce que ça recouvre. Quant au charisme du président, il faut quand même même une bonne dose de mauvaise foi pour lui attribuer des pouvoirs particuliers dans ce domaine.

Le résultat des législatives de la semaine passée nous donne une bonne indication sur l'état réel de l'opinion publique. Aussi curieux que cela puisse paraître, la gauche a progressé en France ! Contrairement à ce qu'annonçait la propagandastaffel du MEDEF par le truchement des titres qu'elle contrôle (donc tous ou presque), la "vague bleue" est restée invisible. Sans l'effet d'entraînement de l'élection présidentielle, la gauche serait probablement majoritaire, soit seule, soit en s'appuyant sur les centristes de Bayrou.

Oui, mais avec des si...

Alors, si la gauche reste une force compétitive sur l'échiquier politique national, et si Sarkozy fut un adversaire très surestimé, comment expliquer l'écart important - six points - entre les deux protagonistes du second tour ?

Evidemment, la seule explication logique, c'est la candidate. Car si Sarkozy n'avait pas la tête à gagner, Royal avait la tête à perdre. Ce qui se confirme quand on prend en considération ses dernières déclarations sur les mesures phares de son programme, le smic brut à 1500 euros et la généralisation des 35 heures, qu'elle a qualifiées de "peu crédibles". D'après elle, ce sont ces propositions "peu crédibles" qui l'ont fait perdre. Sans vouloir faire de mon cas une généralité, c'est pourtant uniquement sur la foi de ces promesses auxquelles elle ne croyait pas que je me suis finalement résolu à voter pour elle. Car si on enlève ces avancées "gauchisantes", pourtant modestes, que reste-t-il du programme socialiste ?

A lire un récent éditorial du journaliste de gauche Laurent Joffrin dans le journal de gauche Libération, la gauche a perdu parce qu'elle est accrochée à des valeurs désuètes et "peu crédibles". Pour se rénover, la gauche a besoin d'intégrer le fait que la concurrence de tous contre chacun, la précarité, l'accroissement sans fin des inégalités, la course au profit, la glorification de la réussite personnelle, la stigmatisation de la pauvreté et la juste taxation de la majorité pour financer les cadeaux fiscaux à "la France qui gagne" sont les valeurs fondatrices et incontestables de notre civilisation. Bref, l'avenir, c'est la gauche de droite.

Pour ma part, j'estime que si Ségolène a perdu, c'est à cause de Ségolène. Je pense que la seule chose qui n'était pas crédible dans sa candidature, c'était elle. Je pense la gauche n'a pas d'avenir si on ne parvient pas à se débarrasser de cette malfaisante bonne femme.

Merci ségo
Encore merci !
Tags: vive sarkozy
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