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Zone Urbaine Sensible


" ...à l'intérieur d'un éléphant.
- Cocasse anecdote en effet, Jean-Sankukai. Sans transition, c'est aujourd'hui que se déroulaient les obsèques de Mourad al Zigouigoui, le jihadiste kamikaze réputé innocent de l'attentat de la rue Robert Brasillach lundi dernier, qui avait fait trente deux morts dont six grièvement. Un acte qui soulève encore bien des questions : comment un jeune homme bien sous tous rapports, nourri au sein de la République, a-t-il pu glisser dans la radicalité criminelle ? Un reportage de Jean-Benêt Lécureille et Jean-Davemustaine Octave.
- C'est ici, dans le quartier des Douzemilles à la Cointrarade, qu'a grandi Mourad al Zigouiguoi. Un garçon sans histoire, un jeune homme bien sous tous rapports, nourri au sein de la République, qui pourtant a glissé dans une radicalité meurtrière. Nous avons interrogé ceux qui l'ont connu, le mystère reste entier.

Aïcha B., une camarade de lycée : un garçon si gentil, si timide. Il me disait toujours "s'il te plait" avant de me coller une tarte parce qu'on voyait mes yeux.

Ousama J., de son club de sport : c'était quelqu'un de vraiment généreux, il était connu pour ça dans le quartier d'ailleurs. A chaque fois qu'il revenait de Syrie, il distribuait des munitions aux enfants.

Farid K., éducateur : c'était celui qu'on donnait en exemple dans la cité. Toujours à l'heure, toujours volontaire, de bonne humeur. Et travailleur avec ça ! C'est lui qui a spontanément creusé le trou pour la lapidation de Rachida.

Farouk T., Imam : non, quand je l'ai connu, Mourad n'était pas un extrémiste. Une fois, je l'ai même vu dessiner un cochon, c'était un peu un artiste. Où ça ? Ah non vous pouvez pas filmer, c'était sur le front d'un babtou, au cutter.

Moussa N., rappeur : franchement, qui aurait pu deviner ? Sur les vidéos en Irak, on voyait bien qu'il ne savait pas se servir d'une kalash, alors buter trente types en vingt minutes, tout seul, c'est vraiment inattendu de sa part.

Eh oui, Jean-Hardcorepussy, le mystère de cette dérive sanglante reste entier à l'heure du jour d'aujourd'hui. Alors, rancœur alimentée par les discriminations d'une société au racisme larvé ? Influence pernicieuse des jeux vidéos violents sur les réseaux sociaux en ligne ? Réchauffement climatique ? Sans doute est-ce un mélange de tous ces facteurs qui a conduit ce garçon sans histoire, ce jeune homme bien sous tous rapports, nourri au sein de la République, à glisser dans une radicalité meurtrière. C'est maintenant tout un travail de deuil de la mémoire qui va commencer pour les victimes et leurs familles et qui nous rassemblera autour de cette lancinante question : "plus jamais ça". A vous, Jean-Hardcorepussy.
- Merci Jean-Benêt, un très émouvant reportage. D'autant plus émouvant qu'il s'agit du dernier travail de Jean-Benêt Lécureille et Jean-Davemustaine Octave pour notre chaîne, puiqu'à la suite de ce tournage, ils ont été victimes d'un accident fatal à la Cointrarade, à l'issue duquel les habitants les ont mangés. Sans transition, le tiercé, il fallait jouer le 7, le 19 et le π/ln(2). "
Tags: textes divers
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