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02 June 2015 @ 07:36 am
Les nouveaux garçons dans le pâté de maison  
Je suis actuellement en train de lire un livre de Nick Tosches intitulés "Héros oubliés du Rock'n Roll". Ce bouquin retrace l'itinéraire de personnalités ayant tracé les premiers sillons du rock dans les années 50, avant qu'Elvis ne rencontre le Colonel Trautman (ou Sanders je sais plus), qui connurent ou non le succès, et qui pour la plupart glissèrent dans l'anonymat. Ming et Ling, Johnny Ace, Wynonie Harris, The Treniers, Wanda Jackson (notre document), Bill Haley et d'autres, blancs ou noirs. Chaque mini-biographie est écrite dans un style léger mais érudit, qui donne bien envie de se plonger dans la production musicale de cette période.

Et au charme de ce remarquable ouvrage, il faut rajouter celui de la traduction. En effet, Jean-Marc Mandosio, qui s'en est chargé, est un universitaire bon teint, spécialisé en littérature néolatine, et donc de par le fait, pas du tout rock'n roll. Il en résulte un décalage subtil entre le propos du livre et la langue employée, en particulier dans les tics universitaires bien identifiables. L'une de ces manies est de traduire les noms anglais. Vous me direz, c'est son boulot. D'accord. Mais si je comprends qu'il soit utile, pour la bonne compréhension du propos, de traduire les paroles de "Work with me Annie", il est plus inattendu de lire la traduction littérale de TOUS les titres de chanson du bouquin. Je ne plaisante pas, il va traduire Wonderland by night par ("Le pays des merveilles la nuit"), Mother's flower garde par ("Le jardin d'agrément de maman")... on apprend même que Rock around the clock ("Rock autour du cadran") a été le générique de la série Happy Days ("Jours Heureux"). Et les noms des groupes y passent aussi, les Mills Brothers, les Ink Spots, les Charioteers, les Ravens, les Royals auront tous droit à leur ("Traduction"). Jusqu'aux maisons de disque, et Dieu sait qu'il y en a eu. C'est tout juste s'il ne traduit pas "Amos Milburn" par "Amos Millecouilles".

Une abondante discographie clôt l'ouvrage, dont je recommande la compulsation.
 
 
 
Nicolas LecellierNicolas Lecellier on June 2nd, 2015 04:11 pm (UTC)
Un choix de traducteur similaire est à l'origine des désastreuses premières traductions de Tolkien en français. Connaitre le contexte compte au moins autant que de maitriser la syntaxe!

Niko
(Anonymous) on June 2nd, 2015 05:46 pm (UTC)
C'est pas Moi, Je n'étais même pas là à l'époque.

Le Créateur Fou, un alibi en pain de nain.
aspexploreraspexplorer on June 2nd, 2015 06:24 pm (UTC)
Dans un trou vivait un lapin...

Ceci dit la traduction n'est pas mauvaise. C'est juste que comme ça, à première vue, sans avoir l'original sous les yeux, y'a comme un déphasage.
(Anonymous) on June 2nd, 2015 07:50 pm (UTC)
Heu, c'est peut-être un hérésie, mais j'ai toujours aimé les traduction donné pour les noms de familles et pour les régions.

Samsagace
Sacquet
Touque
Brandebouc
Ecu de chêne
La compté
Forêt Noire
Fondcombe
Poiredebeurré

Certain crie au scandale, mais il y a une certain poésie dans ces mots, qui, pour moi, ce fondait parfaitement dans l'histoire.

Il ya juste Grix Poil que j'ai toujours trouvé un peut bizzare.
aspexploreraspexplorer on June 2nd, 2015 08:23 pm (UTC)
Oui mais attention, certaines de ces traductions ont la particularité d'être de la main de Tolkien lui-même, donc on n'a pas le droit de critiquer.
(Anonymous) on June 3rd, 2015 04:39 pm (UTC)
"Attention ! Une tribu d'orques !"
"Tout va bien, nous avons apporté des sifflets à ultrason pour les calmer !"

Kyp.
(Anonymous) on June 3rd, 2015 07:58 am (UTC)
Ouais alors le coup de «holala le traducteur il a tout traduit» c'est une vieille constante chez les puristes de tout poils, qui préfèrent lire les noms «originaux» au risque d'y perdre le plaisir de lecture.

Par exemple, toute la polémique ridicule autour du «guide du routard galactique», pardon le «guide galactique», excusez-moi je voulais dire «sac à dos pour les étoiles», suis-je bête, il s'agit bien sûr de «H2G2» (quelle classe ce titre! Vraiment la perfection quand on voit d'où on partait!).

Traduit par Jean Bonnefoy, les puristes s'en étouffent encore. Il faut dire que ceux-ci préfèrent largement le très incompréhensible «Ford Prefect» plutôt que «Ford Escort» ou le très mélodieux (pour celui-ci, j'ai dû faire une recherche) «Zappy Beeblebrox» en lieu et place de «Zappy Bibbicy».

Que ces foutus puristes aillent lire Harry Potter en V.O., et qu'ils arrêtent de nous casser nos grandes boules de feu.
svenizkypeur: Yog Sothothsvenizkypeur on June 4th, 2015 12:41 pm (UTC)
Typiquement, quand Adams a créé le nom "Slartibartfast", le but était que ce soit imprononçable, alors que les acterus n'avaient que très peu de temps pour préparer leur texte -la faute à ses retards chroniques). Ainsi, ce nom ne correspond à rien en anglais, et il n'y a aucune raison de le traduire par "Saloprilopette" (si mes sources sont correctes). Plus généralement, ces livres sont tellement anglais que ça n'a aucun sens de sur-traduire (certains traducteurs allaient jusqu'à convertir les monnaies, pensant que ça ne choque pas de voir en agent du FBI payer en francs). Quand un extraterrestre a un nom qui est un jeu de mots, il vaut mieux traduire (et même pour les référence terrestre, je trouve que Ford Escort est une très bonne traduction), mais pour le livre 4, est-ce que Fenchurch a été traduit par Montparnasse, ou est-ce qu'on veut nous faire croire que la quintessence de la personalité anglaise s'appelle "Arthur Accroc" ?

Athreeren