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Misogyne à coup sûr, pédéraste sans doute...

L'âge venant, il m'arrive parfois de souffrir de baisses de l'attention, qui peuvent aller jusqu'à la somnolence. C'est assez handicapant, en particulier quand je conduis, mais fort heureusement, j'ai pris l'habitude de combattre la léthargie en utilisant un allié précieux : France Inter. Invariablement, cette station de radio me met en rage et me maintient donc dans un état de haute vigilance (au prix toutefois d'une dégradation de mon vocabulaire au volant).

Ce matin, donc, j'écoutais France Inter en conduisant dans les rues humides de la capitale quand j'attrape >> "Remède à la mélancolie" << dont l'invité était aujourd'hui Laurent Joffrin, Rédacteur en Chef de Libération. Je ne risquais pas de dormir !

Un florilège d'âneries débitées à haute fréquence, où on entendra l'aveu que "le socialisme n'existe nulle part"... bon. En tout cas, de temps à autres, il y a une brève virgule musicale pour illustrer les goûts de l'invité, ce qui permet de se reposer entre deux démonstrations de fatuité.

Et puis à 39' environ, résonnent des accords de Brassens, ceux d'une des plus belles chansons qui soient, "les passantes".


Cette chanson me plonge, à chaque fois que je l'entends, dans une profonde mélancolie. Elle me touche. Et je me dis, à écouter la voix chaude de Tonton Georges (comme on l'appelait chez moi, mes parents étaient fans), que peut-être, sous ces oripeaux de bien-pensance parisienne, il y a finalement, chez Joffrin, une qualité d'âme, une sensibilité qui se rapproche de la mienne, et qui fait que malgré tout, son âme est quelque peu sœur de la mienne. Après tout, il a, lui aussi, été touché par la beauté déchirante de ce chant, non ?

Réaction de Joffrin :

" C'est la chanson que j'aime pas "
" C'est la chanson des regrets, j'aurais pu faire autre chose, vivre autrement, finalement, ma vie n'est pas ce que je voulais, etc... c'est des sentiments que je n'aime pas du tout quoi. "
" Ça ne sert à rien, ça vous tire vers le bas et ça nous empêche de vivre "
" Cette chanson est horrible "

La langue française est belle et riche, elle a un mot juste pour chaque chose. Ainsi, pour les gens qui n'éprouvent pas de regret, qui n'éprouvent pas de nostalgie, eh bien la langue française a un mot spécial pour les qualifier. Un petit mot très simple, très court, que d'ailleurs Brassens regrettait dans une autre de ses chansons.


Voilà, je crois que cette émission a bien atteint son objectif, à savoir nous ouvrir une fenêtre sur l'âme de quelqu'un. Et voici que, paraphrasant Mitterrand, il affirme avec fierté ne croire à aucune force de l'esprit, on comprend vite que c'est faute d'en avoir beaucoup d'exemple sur lui.
Tags: certains disent que je sens l'essence
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